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BURZUM – Belus

29 Mai


(Byelobog Productions, 2010)
PAGAN FEST

On les voit d’ici les hordes noires, attendant, pantelantes, le grand retour discographique de Varg Vikernes, l’homme aux 23 coups de couteau et autant d’idéologies frelatées (satanisme, nazisme, pangermanisme, odinisme, paganisme, ufoisme, connerisme), craint par les uns et adulé par les autres, légende d’entre les légendes. On les imagine ces bataillons transis et nostalgiques, la salive au coin des lèvres, guettant Belus comme le Saint Graal, avec une avidité vorace, dans l’espoir que ce disque soit celui qui, peut-être, fera replonger notre monde consumériste dans l’anti-faste marécageux et chaotique qui avait accompagné la naissance de la deuxième vague du black metal en Norvège au début des années 90. Pauvres foules déguenillées, comme je vous plains ! Onze années de silence-prison sont passées depuis Hliðskjálf, onze années de réflexion, 132 mois à saliver, 3960 jours à n’en plus pouvoir et tout ce que Varg vous donne en pâture aujourd’hui, c’est ce disque de carnaval, d’Halloween, ce Filosofem du pauvre ! Ça la fout mal, car de fait, Belus marque la fin d’un règne. C’en serait presque touchant. Mais allons mes amis ! Ne pleurez plus, séchez vos larmes de suie, mieux vaut en rire, n’est-ce pas ? Surtout que, je vous le dis, il y a largement matière à en rire. Mais il vous faudra d’abord dépasser les effroyables cliquetis de l’introduction, largement aussi noirs qu’une coquille de moule puis, parvenir à percer l’ennui mortel des deux premiers titres (« Belus Doed » et surtout « Glemselens Elv » soit « Le Fleuve de l’oubli », qui porte rudement bien son nom : douze minutes de vide, à oublier), avec leur rythmique lente, répétitive, carrée, famélique et conne comme la lune, celle dont on louait pourtant les vertus hypnotiques sur un disque de la trempe de Filosofem. Il faudra encore accepter l’idée que l’organe de Varg a beaucoup perdu de sa superbe. Mais où sont passés les cris qui déchiraient la nuit ? Enfin, il faudra pouvoir résister à l’émotion qui nous submerge, à l’intériorité secrète de l’homme mûr et à l’insoutenable mélancolie qui tournicote comme une brise légère autour des guitares aux motifs païens. Passés ces obstacles mes amis, je vous l’assure, la fête pourra enfin commencer avec le premier titre d’anthologie : « Kaimadalthas Nedstigning », un morceau qu’on n’oublie pas, un refrain qui fait surgir des images mentales absolument insoupçonnées, comme un cours d’aérobic dans la rosée matinale perlant sur la prairie du parc du Puy du Fou, un beat quasiment technoïde et un parlé/chanté qui nous fait bouger les mains en cadence : « En haut ! En bas ! À droite ! À gauche ! ». Parions que même Enslaved n’aurait pas osé. Ah, je vois poindre un sourire, un rire même, sur vos faciès livides et émaciés. C’est qu’on commence à s’amuser. La grand-messe païenne bat pas son plein mais attendez encore « Sverddans » (« La Danse des Épées ») si vous voulez atteindre le grand climax, l’ultime frisson Burzumesque. Le morceau démarre assez convenablement sur un black thrash de bonne facture, cru, guerrier et assez proche du Darkthrone des années 2000. Et soudain, tout bascule, on est pris de court, un cowboy dancer nous prend par le bras, on entre dans la ronde. Polka ? Country ? On tourne, on tourne encore et tous les acadiens et toutes les acadiennes vont sauter, vont danser sur le violon ! Mes amis, il faut l’entendre pour le croire. C’est magique, bucolique, complètement authentique et il ne fait aucun doute qu’à eux seuls, ces deux titres balayeront d’un revers de manche votre première déception. Il y a quelques semaines, Varg devançait modestement son auditoire en écrivant, à propos de Belus : « If I can make you dream when listening to this album, I believe I have done a good job ». Ce à quoi nous ne pouvons que lui répondre : Beau travail, l’artiste!
3/10
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #15 (avril/mai 2010)
couv NOISE MAG#15

NOISE MAG #15 – En kiosque

2 Avr

En couv : Marvin
Graphiste : Elzo Durt
Lost In Translation : Dinosaur Jr. vs The Cure
Discographie commentée : Frank Black
Mirrormixtape : dDamage
Bibliothèque de combat : Maurice G. Dantec
Dossier : Ian MacKaye part 1

Itws : Pavement, Trans Am, Triptykon, Dillinger Escape Plan, Brian Jonestown Massacre, High On Fire, DJ Spooky, Baroness, Former Ghost, Burzum, John Garcia/Kyuss, Fu Manchu, Melissa Auf der Maur, Extra Life, Warpaint,The Wounded King, Efterklang, Kruger, Kill For Total Peace, Aucan, Alcest, Sincabeza, Gavin Portland, Julien Pras, Homelife, Cathedral, Luis Francesco Arena, Besnard Lakes, White Hills, Pantha Du Prince, Tokyo Sex Destruction, Whourkr, Olen’K, Curl, Rwake …

Et déjà ça jase…

BURZUM – Filosofem

12 Nov

Burzum - Filsophem

(Black On Black, 2005 / Misanthropy Records, 1996)

Bande de cinglés ! Il fallait vraiment avoir perdu sa dignité en même temps que son bon sens chrétien pour imaginer sérieusement que le chat cyclope de Tanxxx venait de sortir un album. C’est de notoriété publique : avant d’être un chat, burzum est d’abord le nom – emprunté à Tolkien – de feu le one-man band de Varg Vikernes (né Kristian Vikernes, merci papa merci maman) aka Count Grishnackh aka un Norvégien pas très recommandable qui a laissé une trace indélébile dans l’histoire du Black Metal deuxième génération, tant pour ses agissements criminels et ses postures idéologiques faisandées que pour ses méfaits discographiques… voire largement plus.

Filosofem est le dernier album enregistré avant son incarcération pour le meurtre transperçant d’Euronymous, guitariste et fondateur de Mayhem, boss du label Deathlike Silence Production et gérant du bouclard Helvete à Oslo, à coup de 23 coups de couteaux, tout comme Jules César. Vikernes écopa de la Keep reading on nextclues.com →

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