Tag Archives: meshuggah

PLAYLIST (Running) : Run for your lives !

28 Juil

Une playlist de 10 morceaux, idéale pour un jogging matinal de 45 minutes. Testé pour vous, dans toutes les conditions et par tous les temps. Run for your lives !

1. RUN DMC – « My Adidas » (2’49 »)

Évident mais idéal pour une bonne mise en jambe en mode coolio. « We make a good team my Adidas and me », alors relax, prends-le décontracté, les premières foulées sont les plus importantes. Et pas de panique, si tu portes des Nike, ça marche aussi.

Tag : échauffement

2. LED ZEPPELIN – « Kashmir » (8’33 »)

On continue doucement mais surement. Le chien aboie, la caravane passe et dans ta traversée du désert sans vivres ni chameau, il te faudra caler ta foulée au rythme des ondulations du Zep et des vicieuses accélérations de Bonzo.

Tag : synchro

3. THE FALL – « Two Librans » (3’58 »)

Représente-toi mentalement Mark E. Smith. Au secours ! Dans ta tête, ce que tu es en train de voir n’est rien d’autre que l’antithèse absolue d’un semblant de forme physique. Tu n’imagines pas devenir un jour aussi peu présentable qu’un hobbit post-Mordor croisé avec un endoplasme en phase coccidienne ? Bien, alors tu sais ce qu’il te reste à faire.

Tag : motivation

4. APHEX TWIN – « Come To Daddy (Pappy Mix) » (4’20 »)

Images mentales digne du plus angoissant survival horror pédophile. Cours pour sauver ton âme et accessoirement, tes fesses.

Tag : survie

5. SCORN – « Beat 4″ (4’16 »)

Pour mettre à l’épreuve tes capacités à surmonter la monotonie.

Tag : barrière psychologique

6. CAN – « Vitamin C » (3’32 »)

Évident (bis) mais à ce stade de la course, le « Hey you, you’re losing your vitamin C » aboyé à la volée par Damo Suzuki recouvre une réalité cruelle: tu souffres.

Tag : prise de conscience

7. GIANNI ROSSI – « Theme from Gutterballs » (4’21 »)

Planqué derrière son avatar de compositeur de B.O. à l’italienne, Steve Moore a produit quelques-uns de ses morceaux les plus dingos. Explosion du taux d’endorphine garanti avec le thème goblinesque de Gutterballs (un rape & revenge sur fond de bowling avec une affiche largement inspirée du Maniac de William Lustig) : funky, crétin, parfaitement jubilatoire.

Tag : anabolisant / deuxième souffle

8. BUTTHOLE SURFERS – « Dog inside your body » (3’06 »)

Le plus dur est passé, maintenant, il s’agit de garder la cadence. Le chien dans ton corps devrait t’y aider.

Tag : détermination

9. MESHUGGAH – « Bleed » (7’25 »)

La force de la volonté vaincra-t-elle l’implacable cruauté de l’ennemi ? Dans tes oreilles, c’est la guerre. Derrière toi à quelques enjambées, des meutes de chiens-fantômes post-nucléaires viennent d’être lâchées par une milice cannibale menée par un cyber-clône de Dolph Lungren. Cours et surtout ne te retourne pas, car dans cet enfer métallique, seuls les braves survivront.

Tag : résistance

10. IRON MAIDEN – « Run To The Hills » (3’54 »)

Run To The Hills, c’est la récompense ultime (Oh will we ever be set free ?). Les dernières minutes sont aussi les plus critiques. Ne jamais se croire arrivé avant la ligne (ou les premières collines) ou c’est perdu d’avance. Bruce Dickinson ne manquera pas de te le rappeler.

Tag : délivrance


Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #10 (mai/juin 2012)
couv (new) NOISE MAG#10

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MESHUGGAH – Koloss

21 Mai


(Nuclear Blast, 2012)

Techno thrash mental

Soyez certain qu’à chaque nouvel album de Meshuggah, vous subirez fatalement un premier choc frontal abrutissant en découvrant l’artwork, toujours plus hideux que le précédent, ce qui du reste relève de la véritable prouesse artistique : on vous avait déjà fait un laïus sur l’ignominieux bonze crotté d’Obzen en 2008 ; la grappe de merde reptilienne de Koloss fait encore plus fort. Le bouleversement esthétique à la vue du contenant est tel qu’on est toujours un peu décontenancé en découvrant le contenu (le disque) pour la toute première fois. Là, on s’est d’abord dit qu’ils avaient mis un peu d’eau dans leur vin trafiqué. Qu’était-il advenu de l’outrance digitale, de la surenchère synthétique, de ce son glacial d’enfer cyborg boosté aux pads et aux effets ? A vrai dire, on n’était pas loin de penser que les Judas en avaient appelé à Steve Albini et à ses pouvoirs analogiques, ce qui reviendrait, pour ces maîtres absolus de l’extrémisme musical, à commettre une hérésie de première catégorie.
Bien sûr, il n’en est rien. En revanche, ce glissement vers un son, disons-le, un peu plus « classique » viendrait de l’abandon partiel de la monstrueuse guitare 8-cordes détunée de Thordendal au profit de la composition sur 6-cordes traditionnelle. Il n’empêche que comme tous les albums de Meshuggah, Koloss est aussi ce qu’en anglais on appellerait un grower, c’est à dire un disque qui va se révéler graduellement au fil des écoutes, ce qui peut sembler curieux sinon paradoxal au regard de la brutalité inégalable de leur math metal mental à faire frémir tous les djents de la planète.
Koloss est donc bien un album d’une violence inouïe mais celle-ci réside moins dans la combinaison technicité/vélocité – qui semble avoir atteint son apogée avec I, Catch 33 et Obzen – que dans une dynamique dérangeante de l’entre-deux dominée par des tempi moyens à la limite de l’inconfort. Si James Brown était le fils du groove, Meshuggah en sont les antéchrists, une incarnation de sa face la plus rigoriste, la plus millimétrée et la plus sèche dont l’implacable homorythmie voix/guitare de « The Demon’s Name Is Surveillance » offre un parfait exemple au même titre que la puissance dévastatrice de « Marrow » (qui s’achève dans la frustration la plus totale sur l’un des riffs les plus jouissifs de l’histoire du metal), les solos jazz-rock plus WTF que jamais ou la polka post-nucléaire de « The Hurt That Finds You First ». Si les velléités de technocrates absolus de Meshuggah ont été vaguement mises en veilleuse, Koloss n’en reste pas moins un tacle magistral, sans doute leur plus meurtrier à ce jour.
www.meshuggah.net

Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #9 (mars/avr 2012)
couv (new) NOISE MAG#9

DOSSIER 2008 – Les 3 pochettes les plus craignos

23 Mar

meshuggah - obzen

MESHUGGAH
ObZen

(Nuclear Blast)

Ôôôm… Top ! Qui suis-je ? Je suis un maître Zen. Malgré mes trois bras, je ne suis pas très adroit. Licencié par les abattoirs de Paris pour cause de négligence et d’outrage aux bonnes mœurs, on me dit néanmoins souple. Les jours de pluie, je suis capable de garder la position du lotus sur un bloc de béton armé pendant plus de 20 minutes avec un doigt sur ma bouche. Je ne porte pas de culotte, j’ai le teint brouillé, j’ai tout mangé le chocolat et je fais caca sous moi. Je suis ? Je suis ?

MERZBOW
Dolphin Sonar

(Important Records)

Masami Akita alias Merzbow, c’est un peu le Allain Bougrain-Dubourg – ou, soyons miséricordieux, disons plutôt le commandant Cousteau – de l’abstraction bruitiste. Son 250ème album, Animal Magnetism, était déjà un hommage cuisant à ses petits protégés domestiques, les attachants poulets noirs. Cette fois, Sonar Dolphin est un cri du cœur contre le massacre annuel de plusieurs milliers de dauphins en eaux japonaises. La cause est noble et l’illustration l’est presque autant : plongeant dans les profondeurs sous-marines, armé de ses lunettes de soleil et de son laptop waterproof, l’homme de l’Atlantide entre en communication ultrasonique intime avec ses nouveaux amis. C’est assez ! Vite, un Galak !

DON CABALLERO
Punkgasm
(Relapse)

Allez, on vous épargne le laïus sur la dimension artistique et philosophique du miroir, l’ «autre dimension» chez Lewis Carol, la réflexion, la mise en abyme et le tableau dans le tableau. Comme tout le monde, petit enfant deviendra grand et prendra conscience de sa propre mort. Ado, il fera de l’acné juvénile, prendra sa première cuite et un jour, qui sait, aura peut-être un formidable punkgasm en tombant sur cette pochette esthétiquement aussi excitante et subversive qu’une page du catalogue La Redoute. Heureusement que l’habit ne fait pas le moine.

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #8 (jan/fév 2009)
couv NOISE MAG#8

MESHUGGAH – Catch 33

4 Avr

MESHUGGAH - Catch 33 (Nuclear Blast 2005)
(Nuclear Blast)
Math metal

Depuis sa formation en 1987, chaque nouvelle sortie du groupe-concept Meshuggah semble être définitive et rivalise de complexité, de technicité et de brutalité avec la précédente. Copiés, mais jamais égalés et encore moins surpassés, les Suédois détraqués sont passés maîtres absolus dans l’art de l’extrémisme musical, à tel point qu’on est à chaque fois en droit de se demander jusqu’où ils oseront défier les lois du chaos sonique organisé.
Cette fois, Catch 33, fait presque figure d’exception dans la surenchère. Il faut dire que leur dernier et jubilatoire EP I, en forme de tacle magistral de 20 minutes, ne laissait que peu de place à plus de radicalisme et d’intensité. Pas meilleur donc, mais tout aussi percutant et de haute volée, ce cinquième album studio ressemble plutôt à une tentative réussie de synthèse du style «Meshuggah dernière période», en gestation dans les opus Chaosphere et Nothing: une expérience violente, hypnotique, toujours à la frontière entre thrash psycho-rigide, math métal mental et techno-futuriste, influences progressives et fusion. Cependant, depuis quelques années, et pour notre plus grand soulagement, Thordendal semble avoir troqué ses solos de guitare (8 cordes) douteux empruntés au jazz-rock technicos de type Uzebien contre des gimmicks bien plus sombres et bien plus tordus, parfois proches d’un rire cynique et malade («Entrapment»).
Catch 33 est un album également plus dynamique et sans doute moins monomaniaque que ses prédécesseurs : au milieu de ce concentré de précision et d’agressivité («Deshumanisation» est sans doute l’une des pièces les plus extrêmes jamais vomies par Meshuggah), de ces homorythmies complexes, des changements de mesures incessants, des mélodies alambiquées, des power chords acérés, resserrés et répétés ad nauseam («Autonomy Lost», «Imprint Of The Un-saved», «Disenchantment»), et alors qu’on se croyait définitivement bons pour la camisole, des plages plus calmes voire carrément ambient («In Death – Is Death», «Sum») peuvent éventuellement servir à reprendre une bouffée d’oxygène frelaté avant de replonger.
Mais le plus beau dans tout ça reste indubitablement la pépite inespérée «Mind’s Mirror», avec cette voix aussi hideuse que poilante passée à la moulinette d’un vocodeur disco-80’s sur fond de déflagrations subsoniques. Daft Puk n’aurait même pas osé. Mais savoir flirter aux frontières du mauvais goût et de la classe est un art risqué, que Meshuggah maîtrise néanmoins parfaitement. Et c’est aussi et surtout pour ça que c’est si bon.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #3 (Avril 2005)

couv VERSUS MAG #3

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