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LA COLONIE DE VACANCES – DVD

3 Avr

Feat. ELECTRIC ELECTRIC – MARVIN – PAPIER TIGRE – PNEU

Au cœur de l’automne 2010, quatre groupes de rock décident de se réunir pour une mystérieuse expédition dans l’hexagone baptisée du nom occulte et énigmatique de « Colonie de Vacances ». Embarquée dans deux estafettes de fortune, la petite troupe se met en route. Pendant des semaines, ils battent sans relâche le pavé froid et humide, déambulant sur d’illusoires chemins qui ne mènent nulle part, parcourant des territoires décharnés et nauséabonds, pénétrant l’inquiétante opacité des sous-bois, arpentant les campagnes hostiles et ténébreuses, s’égarant plus d’une fois à travers la brume fuligineuse que même les cornes du malin ne sauraient percer à jour. Après avoir rencontré de terribles obstacles, après avoir déjoué les plus vils guet-apens, ils atteignent enfin les grandes cités, refuges millénaires des âmes damnées où devra s’accomplir le funeste dessein. Ils s’engouffrent alors dans les profondeurs moites et insondables des salles obscures… Que découvriront-ils dans ces lieux interlopes ? Réussiront-ils à asservir les incubes et par quelles incantations ? Sombreront-ils dans le vice et le stupre ? Parviendront-ils à s’octroyer un repos salvateur ? L’amitié l’emportera-t-elle sur les forces du mal ? Accompliront-ils leur destin ? Enfin, y’aura-t-il du monde aux concerts ?
Pour le savoir, ne manquez pas la sortie du DVD de La Colonie de Vacances. Un documentaire insoutenable filmé et réalisé par Mariexxme. Plus d’1h30 de rock, de frissons et d’angoisse morbide !

B.O. 100% infernale signée Gablé, Fordamage, Shub, Café Flesh, Rubiks, Cobra, X-Or, Bravo Brian, Le Singe Blanc et Gregaldur
Artwork bestial réalisé et sérigraphié par JB/Pneu.
Mariexxme : www.mariexxme.wordpress.com
DVD disponible au Nextclues Fuckfest les 23 & 24 avril 2011 à Mains d’Oeuvres (St Ouen).

MARVIN – Hangover The Top

1 Juin


(African Tape, 2010)
ACTION ROCK / POWER ROCK

Pour celles et ceux qui découvrent seulement Marvin, quelques lignes de présentation s’imposent. Marvin est un trio principalement instrumental en provenance de Montpellier, avec Emilie Rougier aux claviers (les bons claviers, les vieux, les patinés, les granuleux, les râpeux, les grinçants) et au vocoder, Grégoire Bredel à la batterie et Fred Conte à la guitare, accessoirement en renfort aux claviers et (c’est nouveau) au chant. Après avoir écumé les salles et les squats de France et de Navarre, après avoir sorti un premier album éponyme et autoproduit en septembre 2007, après avoir secoué une nouvelle fois les salles, les lieux, les festivals et les squats de France, de Navarre et d’Europe avec un petit billion de dates – des plus prestigieuses (en première partie de Trans Am ou de Devo à la Villette Sonique 2008) aux plus interlopes -, Marvin fait son comeback discographique avec un deuxième album brillant enregistré sous la férule du non moins brillant Miguel Constantino.
Le fait est suffisamment rare pour être souligné : avec la sortie de Hangover The Top, Marvin a réussit l’exploit de fédérer les trois-quarts de la rédaction de Noise. Mais quand on y pense, ça n’est pas si difficile à expliquer. D’abord parce que Hangover The Top est une machine à hits burnés et jubilatoires, ce qui en définitive, ne change pas foncièrement de l’album précédent, et surtout parce que cette machine brasse des matières musicales tellement variées (brutes, synthétiques, dans des temps proches ou lointains) qu’elle ne peut faire que du bien à tout le monde, des indécrottables nostalgiques (70s, 80s, 90s, les trois décennies en prennent pour leur grade) aux plus insupportables des progressistes, exception faite des fétichistes exclusifs de la rigidité cadavérique qui n’y entendront probablement rien.
« Roquedur », le titre d’ouverture, est assez symptomatique de la nouvelle orientation du groupe vers un power-rock de moins en moins linéaire et « autoroutier » – tel que le groupe se décrit parfois – mais toujours aussi survolté : les compositions sont à la fois souples et frontales, plus complexes sans être compliquées, mais ce qui impressionne vraiment c’est la faculté du trio à faire du neuf avec du vieux et plus encore, à dérouler des scénarios singuliers et palpitants en l’espace de quelques minutes. Un riff de guitare de combat que n’aurait pas renié Survivor pour la B.O. de Rocky III, un chant ultra-typé hard rock (imaginez Brian Johnson pour les inflexions et Jared Warren pour le grain de voix), quelques rayons lasers de Korg projetés ici et là, une batterie et une basse – assurée avec maestria par le clavier – solides comme un roc (c’est vraiment le cas de le dire) qui bravent tous les changements avec une facilité déconcertante, cabriolent sur les breaks mathématiques en mesures composées ou bourrinent quand il faut et à bon escient : plus qu’une bande originale fantasmée, ce morceau est un vrai bon film d’action, à l’image de tout le disque d’ailleurs. Oui, Hangover The Top contient tous les ingrédients du film d’action idéal : des scènes spectaculaires, épiques, une maîtrise du rythme et des effets spéciaux, de la tension, quelques plans du meilleur mauvais goût parfaitement pertinents et assumés, une bonne dose de schizophrénie, des volte-face singulièrement tordues, quelques moments légèrement angoissants, deux trois parties de jambes en l’air, une énergie sans pareille, des traits de génie et enfin, beaucoup d’humour et de dérision.
Et puis, dans tous les bons films, il y a aussi des références et des citations. Ici, la plus explicite (outre la très belle reprise de « Here Come The Warm Jets » de Brian Eno qui clôture l’album) est à chercher du côté de « Conan Le Bästard ». Double-clin d’œil, le premier aux ex-Bästard et actuels Zerö qui s’amusent à reprendre le thème principal du Conan de John Milius en guise de final de leurs concerts. Le deuxième est une franche citation du même thème en fin de morceau, qui renvoie directement au rythme martial de la bande originale de Basil Poledouris. Et puis, des références, des influences, délibérées ou non, il y en a des kilomètres dans ce disque : Daft Punk ou Devo (le vocoder Mongoloidesque de « Dirty Tapping »), Goblin (« Fear » pour les harmonies et lignes de clavier fantomatiques), osons aussi Moroder (si, si !) et Goldfrapp sur « Good Radiations » (réécoutez l’imparable pulsation synth-pop un chouïa malsaine de « Train », de loin le meilleur morceau de Goldfrapp), et puis Trans Am, évidemment (mais qui n’a jamais cité Trans Am dans une chronique de Marvin?) et en vrac, le rock progressif italien, le krautrock, Jimi Hendrix (Fred Conte est un VRAI guitar hero), la noise des 90’s ou le math-rock. Et tout ça se côtoie et se télescope dans une musique qui ne ressemble pourtant pas à autre chose qu’à elle-même, un rock d’action qui se danse et qui se regarde autant qu’il s’écoute.
www.myspace.com/marvinband
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #15 (avril/mai 2010)
couv NOISE MAG#15

Et le revers de la médaille chez PEF : http://www.perteetfracas.org/zine/kros2010/kros_m/marvin.htm

NOISE MAG #15 – En kiosque

2 Avr

En couv : Marvin
Graphiste : Elzo Durt
Lost In Translation : Dinosaur Jr. vs The Cure
Discographie commentée : Frank Black
Mirrormixtape : dDamage
Bibliothèque de combat : Maurice G. Dantec
Dossier : Ian MacKaye part 1

Itws : Pavement, Trans Am, Triptykon, Dillinger Escape Plan, Brian Jonestown Massacre, High On Fire, DJ Spooky, Baroness, Former Ghost, Burzum, John Garcia/Kyuss, Fu Manchu, Melissa Auf der Maur, Extra Life, Warpaint,The Wounded King, Efterklang, Kruger, Kill For Total Peace, Aucan, Alcest, Sincabeza, Gavin Portland, Julien Pras, Homelife, Cathedral, Luis Francesco Arena, Besnard Lakes, White Hills, Pantha Du Prince, Tokyo Sex Destruction, Whourkr, Olen’K, Curl, Rwake …

Et déjà ça jase…

FUCKFEST #2 (again) – Souvenirs…

1 Mai
Fuckfest 2 - Photo sur Positive Rage par Steph Rad Party

Fuckfest 2 - Photo sur Positive Rage par Steph Rad Party

Pour patienter jusqu’à la vidéo de Marie qui prend du retard à force d’écouter du Sweet et du Mötley Crue en écumant les rads de Menilmuche, moults souvenirs de ce Fuckfest, deuxième du nom.

REPORTS :

– sur Nextclues, par Bilou :  JOUR 1 // JOUR2

– sur le blog de Monsieur L’Ours, par lui-même  : JOUR 1 // JOUR2

– sur le blog de Tanxxx, par elle-même : JOURS 1 & 2

– sur Positive Rage, par Matthieu  : JOUR 2

VIDEOS :

MARVIN + BIL « Boon » & FRANCOISE « Watt » MASSACRE – Final « This Ain’t No PicNic » des Minutemen, par Delp!

BASEMENT, par Delp!

PNEU, par Delp!

SHUB, par Delp!

SHUB, par Lauranie Kikette

PHOTOS :

–  par Tanxxx

– par Steph Rad Party (+Report)

– par Delp!

– par Brian Cougar

FUCKFEST #2 – Final

22 Avr

(photo : Steph Rad Party)

Allez, pour clore presque définitivement le chapitre du Fuckfest #2 (avant la mise en ligne des reports du Patron et la vidéo de Mariexxme), un petit souvenir en mp3.

Les magnifiques Marvin + Guests (j’ai nommé Bilou/Patwon au micro et moi/Tata à la basse) pour un final en forme de deux reprises (« Wasted » de Black Flag et « This Ain’t No Picnic » des Minute’fuckin’men).
A poil !

Final Fuckfest #2 – Wasted (Black Flag) + This Ain\’t No Picnic (Minutemen)

POSTER :NEXTCLUES FUCKFEST #2 [11&12.04.09, Saint-Ouen]

28 Fév

Fuckfest #2 - Poster

Interview/Blind Test – MARVIN : Band U Want

22 Avr

Quelques jours seulement avant la date parisienne de Qui à la Maroquinerie, on apprenait que le trio noisefloor héraultais Marvin venait de se greffer à l’affiche. Pour une fois, on allait avoir le fromage et le dessert. Pas qu’on doutait un seul instant que David Yow foutrait le feu aux planches ce soir-là, mais pour avoir vu Marvin une bonne poignée de fois sur scène, on savait que ces jeunes gens faisaient partie des rares groupes français à avoir le calibre nécessaire pour relever le défi de cette première partie sans laisser de plumes pour la couronne du roi David. Et c’est d’ailleurs sans l’ombre d’un stress pre-traumatique qu’Emilie (Korg et Moog), Greg (batterie), et Fred (guitare) se sont livrés au petit jeu du blind-test apéritif. Manquait seulement le pastaga.

Golden

GOLDEN « Records Is For Assholes » (S/T, 1997, Trans Solar)

Emilie & Greg (En moins d’une seconde): Golden !
Bien !
Greg : C’est le premier ou le deuxième ?
Fred : Le tout premier. Le sans titre.
Greg : Le meilleur album du monde.
Golden, c’est donc un super-groupe avec – entre autres – Alex Minoff de Six Finger Satellite que vous aimez énormément je crois, et surtout, Phil Manley de Trans Am, un groupe auquel vous êtes souvent comparés. Pire, quelques personnes sourdes et mal intentionnées réduisent Marvin à une vulgaire copie de Trans Am. Vous en dites quoi vous ?
Greg : Je crois qu’il y a une part de vrai, notamment dans nos morceaux « autoroute », ceux où la batterie file tout droit. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus glacé dans Trans Am, beaucoup moins noise. Et puis, ils ont un côté très Kraftwerk, robotique, que nous n’avons pas vraiment, d’une part parce qu’on est moins bons musiciens et d’autre part parce que, tout simplement, Trans Am n’est pas notre seule influence. Par exemple, le son de guitare de Trans Am n’a pas grand-chose à voir avec celui de Fred.
Trans Am fait quand même partie de vos grosses influences.
Greg : Oui, le côté synthé avec une grosse batterie rock derrière.
Le titre du morceau, c’est « Records Is For Assholes ». Vous êtes d’accord ? Les disques, c’est pour les trouducs?
Emilie : Je savais pas. Je suis choquée.
Greg : En ce moment en l’occurrence, oui, les CD, c’est pour les trouducs. Les vinyles, pas encore.
Tu dis ça parce que vous venez tout juste de sortir la version vinyle de votre album ? Pourquoi ne l’avoir fait que maintenant ?
Greg : Comme dit Philippe de Café Flesh (Ndlr : excellent groupe noise Amphetamine-Reptilien de Jarnac, Charente), c’est uniquement une manœuvre commerciale pour que les gens rachètent le disque une deuxième fois. Toutes les crevures de groupes le font ! (Rires). Plus sérieusement, on a tout simplement payé le pressage vinyle avec les ventes du CD.
Vous avez donc sorti cet album en autoproduit après une première démo, un split avec Doppler dans la série des 12 Salopards chez SK et un titre sur la compil Goback concoctée par Ralf de Shub et One Foot Dancer. J’oublie quelque chose ?
Greg : Non, au contraire, c’est ultra exhaustif (Rires).
Vous avez pris votre temps pour faire ce CD, l’enregistrement est vraiment excellent. Pourquoi l’avoir sorti en autoproduit, vous n’avez pas trouvé de label ?
Emilie : En fait, on n’a pas eu le temps d’en trouver. On a enregistré au mois d’août, mixé en octobre et masterisé début janvier.
Greg : Et il fallait partir en tournée fin mars. On voulait avoir le CD pour la tournée. On n’avait pas le temps d’attendre six mois qu’un label nous dise oui.
Vous n’avez eu aucun retour ?
Emilie : Pas parmi les labels qui nous intéressaient… Au final, je ne sais même pas si on voulait vraiment un label.
Greg : Oui, c’est une période difficile pour eux.
Si je comprends bien, vous vous êtes débrouillés aussi bien que si vous aviez signé sur un petit label ami ?
Greg : Voilà. Si un bon label nous avait proposé de le sortir, on aurait dit oui, mais finalement, on le sortait vraiment pour la tournée. A chaque fois qu’on partait jouer, on se mordait les doigts de ne pas pouvoir vendre de disques et rentabiliser les tournées.
Emilie : Et puis on n’a pas eu besoin de fric pour le sortir parce qu’on a eu les subventions du ministère de la jeunesse et des sports et du conseil général !
Greg : Et oui, dans l’Hérault les subventions vont généralement aux groupes de Ska, et là pour une fois, il y avait des sous à prendre.
Vous avez réussi à écouler tout votre stock de CD sur la tournée ?
Greg : Oui, dans les trois mois qui ont suivi.

Tantrum

TANTRUM « Hunt Down » (Twisted In Anguish, 1997, Supine/Snuff)

Emilie : Oulah… Kyuss ?
Pas si loin. Attends que la voix arrive.
Emilie : Spinning Heads ?
Là tu chauffes…
Emilie : Tantrum !
Oui ! Tantrum, les Spinning, c’est un peu vos papys du 34 ?
Emilie : Des gros cons oui ! (Rires).
Greg : Pierre de Tantrum nous avait fait jouer en première partie de Seven Hate avec notre vieux groupe à Fred et moi en 95 ou 96.
C’était quoi votre vieux groupe ?
Greg : On ne parle pas de ça (Rires).
Emilie : Ça s’appelait les Groomy.
Hahaha, super nom. C’était la première mouture de Marvin ?
Greg : On n’était que tous les deux avec Fred. C’était le tout premier groupe de punk rock dans lequel j’ai joué.
Fred : On était au lycée, ou même au collège.
Greg : C’était l’époque Seven Hate, Burning Heads, le hardcore mélo français.
Effectivement, je me souviens avoir entendu que tu étais à fond de hardcore mélo à une époque.
Greg : Hmm, oui (Rires). Fred et moi, on était à fond.
Fred : Fallait que ça speed ! (Rires).
Greg : En tout cas à cette époque, c’était Pierre de Tantrum qui programmait une bonne partie des concerts intéressants sur Montpellier. Mais ce sont plutôt les parrains des Spinning Heads. Nous, on ne les connait vraiment que depuis un an ou deux. Et puis, ça n’est pas exactement notre musique non plus. J’écoute très peu de groupes aussi metal, aussi lourds.
Vous avez quand même invité Ben, le batteur de Trantrum et des Spinning, à jouer avec vous sur un festival il n’y a pas très longtemps. Donc plus qu’une véritable filiation, il y a au moins des interactions entre vous.
Greg : Oui. Avec les Spinning, on faisait à peu près les mêmes choses au même moment : commencer à organiser des concerts, faire nos premiers concerts en tant que groupe…
Pour continuer sur Montpellier et les environs, vous partez bientôt faire quelques dates avec vos voisins de Goodbye Diana en Espagne et au Portugal. Je n’y connais strictement rien en « sud de la France », mais on dirait qu’il y a quand même une bonne émulation, au niveau des groupes et de l’organisation de concerts avec Head Records et Noise Olympique…
Emilie : Oui, ça bouge surtout à Villeveyrac. Noise Olympique, c’est le nom qu’on utilise pour l’oga de concerts. C’est Ralf de Shub qui avait initié Noise Olympique lorsqu’il habitait encore à Montpellier, et c’est Ben de Shub qui avait trouvé le nom (Ndrl : Référence 100% gardoise au club de foot Nîmes Olympique).
Greg : Abel (Ndlr : Head Records) s’occupe plutôt de l’orga des concerts hardcore, noise et des choses un peu plus lourdes. Ça se complète bien avec Noise Olympique. On n’est pas beaucoup à organiser des concerts dans le coin et à avoir des groupes qui tournent. Donc forcément, on était obligé de se rencontrer, de faire des choses ensemble et de tenir compte de ce que fait l’autre.
A propos de groupes qui tournent, vous avez fait une tournée marathon gigantesque en avril-mai dernier… de combien de dates déjà ?
Greg : 55.
Vous pouvez expliquer à ceux qui pensent qu’un groupe ne peut pas tourner sans tourneur comment on organise seul une tournée de 55 dates?
Emilie : Déjà, il faut avoir pas mal de copains un peu partout. En France, c’est devenu assez facile pour nous maintenant. Et surtout, on s’échange beaucoup de contacts entre groupes. En insistant un peu on arrive à remplir deux mois de tournée avec une date chaque soir.
Ça a été facile à monter ?
Emilie : Non, il faut quand même insister, creuser. Au final, on a fini de booker les dates alors qu’on était déjà en pleine tournée.
Et le bilan de cette tournée ?
Greg : Super bien. On ne s’est jamais pris réellement de gros four. Même en Allemagne, il y avait toujours 25 ou 30 personnes au minimum.
Fred : Et puis il y a eu le concert à la Miroiterie à la fin de la tournée (Ndlr : Un bien agréable squat de la rue de Ménilmontant à Paris). La meilleure soirée.
Emilie : C’était vraiment le coup de boule final.
J’ai entendu deux nouveaux morceaux pendant la balance. Vous en avez d’autres sur le feu ?
Greg : Non pas pour le moment. Il faudrait si on veut sortir un nouvel album courant 2008.

nosferatu

HUGH CORNWELL (Stranglers) & ROBERT WILLIAMS (Captain Beefheart & His Magic Band) « Rythmic Itch » feat. Les frères Mothersbaugh de Devo (Nosferatu, 1979, United Artists)

Emilie : Mister Bungle ?
Fred : Sans voix c’est difficile.
Elle arrive.
Emilie: Devo ? Ah non ! On m’a envoyé ce disque il n’y a pas longtemps…
Greg : Mais oui, c’est dans la discographie Stranglers de Nextclues (Ndlr : http://www.nextclues.com. Un bien agréable webzine dont font notamment partie Greg et Emile) !
Exactement, c’était un piège. C’est Hugh Cornwell des Stranglers avec le batteur de Captain Beaafheart et les frères Mothersbaugh en special guests sur ce morceau. Je ne voulais pas mettre un Devo, ça aurait été trop fastoche.
Emilie : C’est le meilleur morceau de l’album (Rires).
Vous reprenez « Girl You Want » sur scène. Devo, ça fait partie de vos grandes influences?
Greg : Ah non, pas pour moi.
Emilie : Pour moi non plus finalement. J’ai découvert il n’y pas si longtemps, deux-trois ans peut-être, alors qu’on avait déjà commencé Marvin. Je connaissais un peu comme tout le monde, mais depuis j’en suis devenue vraiment gaga. En tout cas, ça n’est pas un groupe avec lequel j’ai grandi.
Greg : Devo je trouve ça marrant, mais j’écoute beaucoup plus volontiers Jesus Lizard. C’est un peu gadget quand même.
Je crois que tu vas te faire siffler.
Greg : Franchement, c’est un super groupe, mais je m’en lasse vite.

coalesce

COALESCE « Immigrant Song » (There Is Nothing New Under The Sun EP, 1999, Hydra Head)

Emilie : Led Zep. Ah non.
Greg : Slayer ?
C’est Coalesce. Ils ont sorti un EP de reprises de Led Zep en 99. Vous reprenez aussi « Immigrant Song » sur scène, sauf que Marvina n’a pas tout à fait la même voix que Sean Ingram, même avec le vocoder. Dans une interview, le gratteux dit que le type qui n’aime pas les reprises, c’est un peu comme s’il estimait « qu’aucune chanson dans l’histoire de la musique n’est capable d’exprimer ses propres sentiments, que toutes les musiques existantes sont en un sens inférieures à la sienne, ou encore que ses sentiments sont tellement plus profonds que ceux de tous les musiciens d’antan qu’il ne peut se retrouver dans leurs chansons ». Vous en dites quoi ?
Greg : J’appelle ça un procès d’intention ! (Rires)
Quand vous reprenez Led Zep, Devo ou Man or Astro Man ? qui reprend les Rezillos, vous vous retrouvez dedans d’une manière ou d’une autre…
Greg : Oui. « Immigrant Song » par exemple, c’est typiquement le genre de morceaux autoroute dont je parlais. Du proto-Trans Am pour moi. Je retrouve la même chose dans les deux groupes, et c’est ce que j’aime. Les riffs de Trans Am ne sont rien d’autre que du Led Zep.
Fred : Il faut dire aussi qu’on met énormément de temps à composer des nouveaux morceaux. Les reprises, c’est un bon exercice, c’est marrant à faire et ça va vite. D’ailleurs, la prochaine étape c’est « Bohemian Rhapsody » avec des vocoders (Rires).

minutemen what makes a man

MINUTEMEN « Life As A Rehearsal » (What Makes a Man Start Fires, 1983, SST)

Emilie : Minutemen!
Greg : Le meilleur DVD du monde (Ndlr: reference à l’excellentissime documentaire We Jam Econo, The Story Of The Minutemen de Tim Irwin).
Vous l’avez tous vu?
Fred: Oui, même si j’avais de la fièvre et que j’ai loupé la fin.
Vous avez pleuré ?
Emilie : Greg a beaucoup pleuré, et j’ai pleuré parce qu’il a pleuré.
Le morceau s’appelle « Life As A Rehearsal ». La vie de Marvin comme une répétition ?
Emilie : Oui, on répète beaucoup.
Fred, tu as aussi plusieurs groupes à côté, Payday, Superbeatnik.
Fred : Avec Superbeatnik, on devait faire du stoner au départ, mais on n’a jamais réussi à jouer suffisamment lentement. Au final, il y a plus un côté Nomeansno que stoner. Et puis je peux pas m’empêcher de faire du bruit avec ma guitare.
Tu ne joues que dans des groupes gay en fait, entre Marvin et Payday…
Fred : Payday, c’était pour faire la nique à tous les gros tatoués qui font du hardcore dans les studios de répète à Montpellier et qui sont forcément plus virils que toi. Nous on fait du hardcore avec nos coupes de Beatles et notre nom à la con.

zombi cosmo

ZOMBI « Cetus » (Cosmos, 2004, Relapse)

Greg : On dirait du Chinese Stars. Add N to (X) ?
Emilie : The Fall ? Apparat Organ Quartet?
C’est Zombi, un duo synthé, basse/batterie de Pittsburgh. Ce morceau m’a fait penser à du Marvin en plus dark et en moins noise.
Greg : C’est pas mal. Ça fait un peu John Carpenter.
Exactement. D’ailleurs, Zombi est presque un tribute band à John Carpenter et Goblin. Ça ne vous brancherait pas de faire des B.O. de film ? Votre musique s’y prêterait bien.
Emilie : Si, complètement.
Si vous deviez refaire la B.O d’un film, vous choisiriez quoi ?
Greg : Un road movie. Vanishing Point (Ndlr : Road Movie américain de Richard C. Sarafian, 1971)
Emilie : Easy Rider.

L’avenir proche de Marvin, c’est donc la première partie de Qui ce soir. Et ensuite ?
Greg :
Ensuite on fait une date à Lyon au Ninkasi, histoire de ne plus laisser planer aucun doute sur notre indépendance et notre côté DIY.
Surtout que vous enchaînez avec le Nouveau Casino en première partie de Polysics. Ça y est, vous êtes devenus un vrai groupe de vendus.
Greg :
Totalement.
Emilie : On va essayer de tourner un mois en Angleterre, Irlande et Ecosse au mois de mai, et peut-être essayer de sortir un maxi dans l’année, mais on doit d’abord trouver les morceaux et un moyen pour le financer.
Pour finir, votre disque fétiche ?
Fred :
Rock Bottom de Wyatt. J’ai bien un autre disque fétiche mais je ne l’ai pas chez moi donc je ne peux pas l’écouter (Rires). C’est le premier Golden justement.
Greg : Comme Fred, le premier Golden.
Emilie : Freedom of Choice de Devo.
Votre dernière petite claque musicale ?
Emilie : ZZ Top (Rires). C’est vrai, je n’avais jamais vraiment osé écouter et certains morceaux des débuts sont vraiment biens.
Fred : Les Yves. Un groupe de Bordeaux qui parodie les Hives.
Greg ?
Greg : …
Fred : Greg n’aime rien
Alors le dernier truc que t’as trouvé vraiment nul ?
Greg :
Le concert de Marvin hier.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #4 (janvier 2008)

MARVIN @ Point Ephemere, Paris, AG de L’Association (27 octobre 2007)

27 Oct

marvin
marvin
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MARVIN @ La Fleche d’Or, Paris, Versus Party (2 novembre 2006)

2 Nov


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