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GUAPO – Elixirs

31 Déc

(Neurot, 2008)
ROCK PROGRESSIF TENTACULIFÈRE

Dieu qu’il est loin le temps de Towers Open Fire, l’album magistral (dernier pour leur propre label Power Tool) qui précédait le changement de cap définitif de Guapo vers les territoires progressifs, zeuhls et expérimentaux qu’on connait aujourd’hui. Les vagues résidus d’un passé noise-rock bruitiste que l’on décelait encore dans les deux derniers albums en date (Black Oni et Five Suns) se sont définitivement évaporés au profit d’une musique qui se regarde plutôt qu’elle ne s’écoute. Et paradoxalement, on a le sentiment qu’en proposant une musique de plus en plus visuelle, une musique qui questionne l’imaginaire au lieu de s’adresser directement aux sens, à la chair et à l’instinct, le groupe polymorphe peine de plus en plus à se démarquer de ses influences. Magma encore, Magma toujours, King Crimson, Robert Wyatt plus que jamais, ou encore Miles Davies période Bitches Brew sans la trompette : des influences énormes, presque trop voyantes, du genre de celles qui collent à la peau comme un carcan.
Au fur et à mesure de la métamorphose, les deux survivants du Guapo originel, le batteur Dave Smith et le multi-instrumentiste Daniel O’Sullivan ont acquis un sens aiguisé de l’instrumentation, et parviennent à atteindre un équilibre subtil entre des timbres et des couleurs pas forcément faciles à marier (piano, synthés modulaires, rhodes, harmonium, basse, batterie et percussions, guitare, autoharp, violon, alto, voix). Rien à redire non plus du côté de l’exécution absolument impeccable. Le problème, c’est qu’Elixirs s’arrache difficilement à la tentation du pastiche, même de qualité, et de l’exercice de style si ce n’est, à la rigueur, sur le dyptique « Twisted Stems » dont la mélancolie psychédélique renvoie malgré tout directement à Soft Machine et aux débuts de Matching Mole, avec un premier volet séraphique et éthéré chanté par Alexander Tucker (« The Heliotrope ») et un second plus menaçant et plus dissonant vocalisé par Jarboe (« The Selenotrope »). On peut éventuellement admettre que les faveurs ou les défaveurs que l’on accorde à ce genre de disques extrêmement référencés sont fondées avant tout sur des questions d’affinités très personnelles avec les références en question, la manière dont on les fantasme et dont on aimerait les voir intégrées ou non. Cependant, il reste quand même un problème majeur. Ce problème s’appelle « The Planks » et il m’a fait littéralement bondir. Parce que comment accorder encore le bénéfice du doute à un groupe qui pompe sans vergogne ce que leurs nouveaux compagnons de label – à savoir Savage Republic (voir interview dans Noise #4) – ont réalisé de plus singulier ? Réécoutez Live Trek, Jamahiriya et 1938 et vous verrez que Guapo, malgré son application formelle, sa maîtrise instrumentale et ses tentatives exploratoires, a encore du chemin à parcourir pour trouver ou retrouver l’élixir substantiel de sa personnalité.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #6 (été 2008)
couv NOISE MAG#6

CRABLADDER / SLOWJAM – Powder Trout b/w E.G.P.S [Split 7 »]

8 Août

Crabladder / Slowjam split 7''
(Power Tool, 1993)

En démarrant cette chronique, j’avais commencé à m’embourber dans un grand laïus sur Cardiff (la seule vraie capitale du Royaume Uni) et le Pays De Galles, presque aussi imbitable que le nom de ce bled dans le nord du pays et sur ce qui me lie personnellement à ce disque, in extenso sur la raison pour laquelle il m’était extrêmement difficile de parler de ce 7’’ sans en écrire des tartines. Finalement, je me suis dit que ça ne vous regardait pas… et j’ai tout effacé.
Autant le dire tout de suite, Slowjam était le dernier groupe de l’ex-Soldier Dolls David K. Alderman avant que celui-ci ne quitte sa patrie, ses pubs et ses moutons (le plus connu de tous étant Tom Jones) pour venir s’installer à Frogland et fonder une famille ainsi qu’un nouveau groupe avec Hervé Marché: Warehouse, dont je suis devenue la bassiste uniquement parce que j’étais une fille. A l’époque, Slowjam avait ouvert entre autres pour Fugazi et Jesus Lizard, ce qu’Alderman aime à rappeler autour d’une chope, réactivant du même coup le syndrome Born Too Late chez toute personne JEUNE (j’entends née APRèS la guerre … du Vietnam), et il le sait, le cochon !
Quant à Crabladder, c’était le quatuor dans lequel jouait Dave Smith – à l’époque il habitait encore à Cardiff -, fondateur du label Power Tool et futur batteur de Guapo. Au moment de ce split, le premier bassiste du groupe, J. Swinscoe, avait tiré sa révérence pour monter son projet solo The Cinematic Orchestra. Je crois que la seule chose que le groupe avait enregistré avant ce single était une paire de démos introuvables, et c’est regrettable.

Powder Trout démarre franco après un bref larsen. L’instrumental est brutal, sec, tendu et métallique, les hurlements d’Adam Harries terriblement intenses et haineux. On pense aux débuts d’Helmet ou d’Unsane dans une perspective beaucoup plus hardcore-punk, ou aux morceaux les plus up-tempo de (…) Keep reading on nextclues.com →

GUAPO – Five Suns

8 Août

five suns
(Cuneiform Recordings, 2004)

Est-ce l’arrivée de Daniel O’Sullivan et de sa flottille de claviers vintage qui a fait chavirer le navire Guapo ? En tout cas, c’est criant ; la grande suite en cinq actes Five Suns (ainsi que les trois morceaux qui clôturent l’album) est un incroyable rip off de Magma. De ces derniers, Guapo a totalement assimilé la grammaire et la syntaxe : du jeu de batterie erratique de Dave Smith, mi-rock, mi-martial, mi-Elvin Jones et donc Vanderien jusqu’aux phalanges, aux harmonies modales empruntées à Coltrane et McCoy Tyner, dont Vander était d’ailleurs un fan ultime, en passant par le choix des timbres (piano, gongs, rhodes, orgues), des lignes de basse à la Jannick Top, celles qui menacent et qui hypnotisent, les homorythmies complexes, et toute la logorrhée zeuhlienne de l’épique et du chaos, la grande propagande céleste et vibratoire. Pour autant, plagier (…) Keep reading on nextclues.com →

GUAPO / CERBERUS SHOAL – The Ducks & Drakes of Guapo & Cerberus Shoal

8 Août

guapo vs cerberus shoal

(North East Indie, 2003)

Ce split avec Guapo est le troisième volet d’une série de collaborations lancée par le collectif de Portland post-rock-avant-folk-jam-mayonnaise Cerberus Shoal pour le label North East Indie. Le principe est simple: 3 morceaux, dont un de chaque groupe et le dernier en binôme.
Guapo : Ça commence calmement avec un drone minimaliste à la Charlemagne Palestine qui enfle peu à peu et se transforme en quelque chose de plus psychédélique dans la veine des œuvres pour orgue de Terry Riley (In C), jusqu’à atteindre une sorte de cluster hypertendu (un cluster, c’est un bloc (…) Keep reading on nextclues.com →

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