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V/A AMERICAN HARDCORE – The History Of American Punk 1980 – 1986

14 Fév

VA - American Hardcore

(Rhino/Warner, 2006)

Après le livre controversé de Steven Bush ‘American Hardcore, A Tribal History’ et le film tout frais du même nom, Rhino publie la bande-son de ces deux documents. 26 titres et autant de groupes ayant tous participé à l’émergence du mouvement Hardcore américain, il y a 25 ans, à une époque où DIY ne signifiait pas « tous vendus, sauf moi et mon chien » mais symbolisait encore un fort désir d’émancipation artistique et une alternative politique pour la jeunesse de l’ère Reagan.

Toutes les scènes importantes dans l’éclosion du Hardcore US sont représentées, dans le désordre. Je les ai remises dans l’ordre rien que pour vous.

On commence logiquement par la Californie:

– Les godfathers, Black Flag, évidemment. On nous a menti, cette compil démarre avant les 80’s puisque Keep reading on nextclues.com →

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V/A – Gimme Dat Harp Boy! Roots Of the Captain

14 Jan

Captain Beefheart - Gimme Dat Harp Boy

(Ozit Morpheus, 2002)

On ne va pas s’étaler. La phrase de présentation au dos de la pochette du CD résume plutôt bien la chose :
« ‘Gimme Dat Harp Boy’ présente un vaste panorama de la musique américaine des années 20 aux années 60. Cette musique a largement contribué au mélange grisant qui marqua le revival blues du début des sixties et le son des années psychédéliques. Don Van Vliet aka Captain Beefheart fut l’un des rares artistes à avoir su combiner ces influences avec son propre génie dans une forme d’art unique et substantielle ».

C’est clair, ‘Gimme Dat Harp Boy !’ n’est donc pas une compilation de morceaux de Captain Beefheart, bien qu’elle contient une paire d’out-takes issues des sessions de ‘Spotlight Kid’ et quelques simili poèmes extraits du live ‘Old Fart At Play’. Mais ces morceaux-là arrivent un peu comme un crin sur la soupe et leur intérêt, dans ce contexte, est pour le coup plutôt vaporeux.

Hormis ces 8 pistes hors-sujet et histoire de, cette compilation est un document cohérent et plutôt bien Keep reading on nextclues.com →

V/A – Earth : A Legacy Of Dissolution Remixes

4 Avr

Legacy Of Dissolution Remixes (No Quarter 2005)
(No Quarter, 2005)

2005 sera l’année de la consécration pour Earth ou ne sera pas. Un album de remixes et une reformation avec un nouvel opus à la clef, c’est beaucoup pour un groupe dont le leader déchu, le « Sisyphe du Rock » Dylan Carlson, est presque plus célèbre pour ses accointances avec Kurt Cobain, dont il fut l’ami, le dealer, et le pourvoyeur en armes – notamment celle qui lui servira à se faire sauter le caisson en 1993 -, que pour ses frasques musicales. Et pourtant, aujourd’hui, c’est toute la crème de l’underground qui paye son tribut à ce groupe (cet homme) pionnier, méconnu et sous-estimé, dont l’album sobrement intitulé Earth2 (Sub Pop, 1993), fut la véritable pierre angulaire du renouveau de la drone music et du sacre absolu du genre dans les sphères du rock, du metal et des musiques expérimentales. Oui mais voilà, malgré un casting de rêve (trié sur le volet par Carlson lui-même) qui ferait baver n’importe quel lecteur du Wire (Sunn O))), Autechre, Jim O’Rourke, Russel Haswell, Mogwai et Justin Broadrick), on peut néanmoins remettre en question la légitimité musicale de cet exercice de style périlleux qui consiste à tordre ou à détordre des originaux d’une beauté qu’on oserait pas égratigner. De même qu’on n’oserait pas couper un grand cru, même avec un autre grand cru, la musique de Earth doit se déguster pure et sans additifs.
Les remixes les plus anecdotiques sont sans doute ceux du musicien harsh-noise digitale Russel Haswell, et des écossais de Mogwai, tentative fourre-tout peu inspirée pour faire vaciller le titanesque « Teeth Of The Lion Rule The Divine » dans un chaos semi-électronique entiché de glitchs carrément agaçants.
Le même morceau est néanmoins réinterprété avec maestria par les doomlords de Sunn O))), groupe-tribut à Earth et revendiqué comme tel. Il ne pouvait en être autrement, quand on sait que O’Malley et Anderson avaient poussé leur dévotion mystique à Earth jusqu’à monter un super-groupe de drone-doom du nom de Teeth Of The Lion Rule The Divine, le temps d’un album magistral.
La palme du remix le plus torché revient à Autechre, qui revisite « Coda Maestoso in F(Flat) Minor », en filtrant et en compressant très légèrement l’enveloppe de la piste de guitare. Pas d’autre ajout, et pas de soustraction. Foutage de gueule ou revisitation suprêmement intelligente ? : En conservant intacte la structure de ce morceau, répétition fataliste jusqu’à l’absurde, il a le grand mérite de ne pas étouffer le désespoir catatonique latent qui flotte dans toute la discographie de Earth.
Enfin, Justin Broadrick (Godflesh, Jesu, Napalm Death) et Jim O’Rourke (homme à tout faire, hyperactif, multi-instrumentiste, prescripteur, compositeur, producteur et cinquième membre de Sonic Youth) parviennent à mettre de la lumière et de la vie dans la tourmente sombre et désolée de Carlson. Et c’est bien lui, O’Rourke, qui signe de loin le remix le plus réussi, le plus personnel et le plus généreux, en redonnant au drone sa couleurs primitive, celle de l’expérimentation telle que la pratiquait La Monte Young, Tony Conrad et le Dream Syndicate à la fin des années 60.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #3 (Avril 2005)

couv VERSUS MAG #3

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