Prochains concerts

3 Avr

Mois d’avril chargé.

On commence avec la Zombifff Night au Magasin 4 (Bruxelles) le 7 avril. Avec Umberto, Necro Deathmort, Joy As Toy, Aniaetleprogrammateur.

Le lendemain (8 avril), on enchaîne avec l’Accueil Froid à Amiens en compagnie de Super Castlevania IV (John Makay inside), RM hubbert, Pneu, Papier Tigre et Yvette Corner But (Headwar inside).

Pour finir, le week-end d’après (13 & 14 avril), on sera à Pau à la Centrifugeuse pour les 10 ans du label A Tant Rêver Du Roi. Avec Shub, L’Ocelle Mare, Kourgane, Marvin, Fordamage, Electric Electric, Pneu, Calva, Velooo, Picore, Adolina, et j’en passe.

NIRVANA – Nevermind : 20th Anniversary Super Deluxe Box Set (4 CD+1 DVD)

6 Jan
Super ET Deluxe

$uper ET Deluxe ?

(Universal)

A l’heure où l’on en est quasiment rendu au point où l’industrie discographique branlante serait prête à célébrer les 6 mois d’existence insignifiante de n’importe quel groupe de troisième zone pourvu qu’elle en retire un infime avantage financier, pour un peu ce 20ème anniversaire aurait pu passer pour un événement honorable si le chiffre 20 n’avait pas fait grincer des dents tous ceux qui y étaient et qui pensaient encore très naïvement que c’était hier. Il y a 20 ans donc, les adolescents cafardeux de la fin des 80s qui étaient nés au milieu de la décennie précédente avaient soudain vu apparaître ce type nimbé d’une blondeur prophétique dans un halo de fumée et sous un déluge de pom-pom girls anarchistes. Et puis, ils l’avaient vu cramer, imploser et enfin disparaître aussi vite qu’il était arrivé. Entre temps, tout avait changé ou presque, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Les groupes à l’aura planétaire étant aussi les plus affreusement copiés, s’ensuivirent des dommages cataclysmiques pour l’industrie discographique.
Pour cette génération, baptisée, à tort ou à raison, la « génération Nirvana », comme pour la génération suivante et celle de la décennie précédente, la vraie question est : en 2011, est-il encore possible de redécouvrir Nevermind ?

"Mmh ghh chhhh" (Dave Grohl, 1991)

Après plusieurs milliers d’écoutes, Nevermind est a priori un album du passé, une affaire classée, une rivière dont le lit s’est tari au fil du temps. Bien sûr, en inconditionnel blasé, vous connaissez les paroles par coeur et sur le bout des doigts ; vous vous souvenez de tous les breaks de batterie, du moindre dérapage de la voix de Kurt Cobain, de chaque solo de guitare ; vous êtes capable de reproduire les enchaînements des morceaux à la seconde près et dans la bonne tonalité sans jamais vous tromper ; vous pourriez même chanter les lignes de basse (c’est d’ailleurs avec ce disque que vous avez réalisé pour la première fois que les bassistes jouaient en fait de vraies notes sur un vrai instrument). Oui mais seulement, comme un vulgaire appendice de vous-même, les morceaux semblent aujourd’hui vidés de leur substance, celle-là même qui pourtant vous avait littéralement affolé 20 ans plus tôt sur les bancs du lycée. Il y a même parfois un malaise nostalgique un peu ridicule à l’évocation de Nevermind, presque aussi dur à supporter que de voir ces hordes de trentenaires s’accrochant désespérément aux génériques de leur enfance perdue. Un disque mort, un souvenir un peu embarrassant dont on ne ne peut plus rien faire sinon s’en rappeler.

Alors, parmi l’avalanche de rééditions, de live indigestes, de bootlegs, de sorties posthumes et de whatever qui n’ont jamais cessé d’abonder depuis le suicide de Kurt Cobain en 1994, y’a t-il une chose, une seule, en dehors du pur réflexe nostalgique, qui pourrait motiver raisonnablement l’achat de cet imposante Super Deluxe Box comprenant quatre CD, un DVD, un méga booklet format 12’’, et que l’on peut acquérir pour la modique somme de 100 euros dans le commerce ? La réponse est non, oui. Enfin… presque.

"Deluxe ET $uper !" (Dave Grohl, 2011)

NI BON, NIRVANA

Passons rapidement sur le DVD, un live enregistré en octobre 91 au Paramount Theatre de Seattle et produit par Andy Wallace que l’on retrouve à l’identique en version audio sur l’un des quatre CD du coffret (un doublon parfaitement inutile) et soit-disant « previously unreleased ». Mais oui, bien sûr, on n’avait jamais entendu ces versions live ; on n’avait jamais vu non plus ces fameuses images de Chris Novoselic jouant au baseball avec la guitare déchiquetée de Kurt Cobain. Un live de plus parmi les 257 concerts archivés de Nirvana, ni plus ni moins intéressant que tous les autres et déjà vu un petit millier de fois.

"Dang!" (Novoselic, 1991)

Niveau CD, en plus de ce live audio, le coffret comprend évidemment la version studio officielle de Nevermind mixée par Andy Wallace, celle qui a fini par sortir des usines de Geffen, celle que nous connaissons tous. D’ailleurs, pour fêter dignement ce vingtième anniversaire, le mieux est encore de réécouter attentivement l’album tel qu’il est sorti en 1991, et que l’on aime, que l’on ait aimé ou pas, de se rappeler que Nevermind, fusion idéalement dosée et impeccablement interprétée de punk, de pop, d’indie rock et de heavy metal, se rapprochait quand-même d’une forme de perfection rock. En guise d’extra, le CD est augmenté d’une dizaine de faces B sorties à l’époque. Rien d’inédit, rien de spectaculaire.

En plus de deux extraits des BBC Sessions de 91, le troisième CD comprend les Smart Studio Sessions enregistrées et mixées par Butch Vig et les Boombox Rehearsals, des démos précoces quasiment inaudibles. Les premières datent d’avril 90 alors que Dave Grohl n’avait pas encore remplacé Chad Channing. Elles étaient au départ destinées à Sub Pop avant que Nirvana ne s’en sépare après les rumeurs d’un éventuel rachat du label et sont assez fidèles à l’album final. Les secondes ont été enregistrées à l’arrache par le groupe dans un studio de répètition de Tacoma au printemps 91. L’intérêt de ces dernières est relativement limité si ce n’est qu’elles ne servent à montrer que comme Rome, Nevermind ne s’est pas fait en un jour et que l’adage punk qui dit que la première prise est toujours la bonne ne s’appliquait pas à cet album. Les morceaux sont encore bancals, imparfaits, les textes à l’état d’ébauche et il apparaît clairement que la fameuse question « comment faire pour marier la sensibilité pop de Kurt Cobain avec l’urgence et la spontanéité du punk ? » ne fut résolue qu’après un dur labeur, de longues heures de répétitions et de travail préliminaire en studio. Et c’est tout le mythe romanesque de l’explosion créatrice soudaine, instinctive et spontanée qui s’effrite. Malgré tout, il y a une différence entre savoir cela (à vrai dire, on s’en doutait plus que légèrement) et devoir s’en convaincre en écoutant les hésitations et les atermoiements d’un groupe encore irrésolu en pleine séance de tâtonnement. Personne ne devrait avoir à subir l’épreuve de ces répétitions chaotiques interminables et pas franchement dignes d’intérêt. Il y a des choses qui devraient rester à jamais tues.

L'effet Boombox Rehearsals

LES DEVONSHIRE MIX : « 200 fois meilleurs » que la version officielle ?

En revanche, sans aller jusqu’à dire que le Devonshire Mix du dernier CD justifie pleinement l’achat de ce coffret dispendieux (pour 14 euros seulement, vous pouvez les acheter en intégralité sur le iTunes store), il est le plus intéressant des bonus et contrairement à tout le reste, le seul véritablement essentiel. Pour reprendre le titre d’un article paru sur Slate.fr, il est « Le Nevermind que vous n’avez jamais entendu ».
En mai 1991, Nevermind fut mixé une première fois par Butch Vig aux studios Devonshire de Los Angeles. Ce mix fut refusé par Geffen qui à Butch Vig, préféra le producteur slayer-friendly maintes fois Grammy-Awardé Andy Wallace pour mixer la version finale du Saint-Graal.

Kurt Cobain, insatisfait notoire, haïssait plus que tout la façon dont la version finale de l’album avait été produite, voire surproduite : le son, assez typé « grosse pointure du metal » était très compressé, presque noyé dans une reverb de principe et finalement le résultat était plutôt lisse. Le mix de Butch Vig, radicalement différent, conserve au contraire certaines maladresses qui n’auraient probablement pas passé à la postérité mais qui éclairent Nevermind d’un jour radicalement nouveau, chose qui relevait jusqu’à présent de l’impensable. Plus sale, plus cru, assez proche de celui de Bleach, il restitue sans doute plus fidèlement – du moins c’est ce que l’on imagine – l’ambiance et l’urgence des prises brutes. La guitare est placée très en avant, la voix de Cobain conserve ses aspérités et la batterie baigne naturellement dans le son de la pièce ce qui a complètement disparu de la version officielle. On découvre – ou on redécouvre – des solos, des feedbacks qui traînent, des boucles et des grésillements absents du mix final.
Il va de soi qu’historiquement, les Devonshire Mixes ne remplaceront jamais la version d’Andy Wallace mais le parti-pris de Butch Vig entérine l’éternelle controverse entre les deux producteurs. Dès le départ et sans surprise, Steve Albini (qui deux ans plus tard produira In Utero, le dernier album de Nirvana) avait choisi son camp : « Le premier mixage (brut) de Nevermind (…) était au moins 200 fois meilleur que ce dont je me rappelais de la version officielle. ».

En conclusion, si on l’isole de ce coffret hors-de-prix, on peut dire que ce Devonshire Mix jouissif et assez émouvant – si tant est qu’on est encore perméable à un disque aussi encombrant – vaut bien le titre de meilleur disque posthume de Nirvana après le MTV Unplugged.

"Hin hin hiin" (Dave Grohl, 2011)

Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #7 (nov/dec 2011)
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Benoît Delaune -CAPTAIN BEEFHEART & HIS MAGIC BAND(S)

7 Nov


(Formes/Le Mot et le reste)

Le 17 décembre dernier, la mort de Don Van Vliet, mieux connu sous le nom de Captain Beefheart, nous rappelait combien le désert de la littérature Beefheartienne était aride, et notamment en France où le seul ouvrage digne de ce nom (Captain Beefheart de Guy Cosson, Editions Parallèles, 1994) est déjà épuisé depuis plusieurs années. Alors, l’annonce d’un nouveau livre sur le sujet fut comme d’apercevoir un oasis que l’on n’atteindrait jamais.

Car Benoît Delaune, en preux chevalier de la vérité Beefheartienne, décide de s’attaquer à la légende, pourfendant mythes et rumeurs, démêlant le vrai du faux et rétablissant avec fierté et courage l’honneur bafoué des membres du Magic Band. Parce que – ne l’oublions pas, ça n’est pas comme si on nous l’avait déjà rabâché un petit millier de fois – derrière le génie visionnaire Captain Beefheart se cache l’ubuesque Don Van Vliet, personnage paranoïaque, rabougri et tyrannique, piètre musicien, chanteur médiocre, mégalomane sectaire, irascible et parfois même violent n’ayant eu de cesse de saborder les différentes incarnations de son propre groupe, le Magic Band (*yawn*), dont les principales figures (John French, Jeff Coton, Doug Moon, Ry Cooder, Alex Snouffer, Bil Harkleroad, Mark Boston, etc.) apparaissent toutes, en comparaison, en véritables martyrs, agneaux sacrificiels serviles, vassaux rampants sans dignité mais néanmoins organes vitaux « possédant une éducation musicale » au service du maître (qui lui en est dénué) mais aussi au service de l’Art et sans qui, naturellement, Captain Beefheart ne serait à peu près rien ni personne. Tu vois l’genre.

Mais après tout, ce lieu-commun absolu sur la personnalité de tortionnaire halluciné de Don Van Vliet, son amateurisme patent et son emprise totalitaire sur le Magic Band aurait pu être présenté avec une certaine classe littéraire et dans ce cas, n’importe quelle trace, aussi infime fut-elle, de mauvaise foi passionnée ou de légèreté sarcastique aurait été accueillie avec mansuétude et bienveillance. Malheureusement, loin s’en faut et le récit professoral très souvent factuel de Benoit Delaune se veut d’une prudence anémiante, d’un didactisme infantilisant et d’une neutralité regrettable pour un résultat que l’on peut difficilement qualifier autrement que de terne et de laborieux, ce qui est, à une ou deux exceptions près, à l’extrême opposé de la musique de Captain Beefheart et de son Magic Band. Exemple : quand l’auteur s’aventure dans les images Deleuziennes pour nous démontrer que la formule attribuée à Franck Zappa (« un mélange de delta blues et de free jazz ») n’est quand même pas tout à fait exacte d’un point de vu constructiviste et qu’elle manque visiblement de précision musicologique, on pousse un grand OUF de soulagement et on dit merci Benoît, heureusement que tu es là pour remettre les points sur les i.

Mais enfin, on est encore très loin du niveau tragi-comique de la tentative d’analyse des paroles de Trout Mask Replica, traduites par l’auteur avec un acharnement grotesque frisant l’obscénité attentatoire : « Rêve néon viandeu d’un pieusson / Artefact sur des pétales de rose / eh pétales de chair eh pots / Futre eh feste eh tubes tubs bulbes / En geste inceste ingerste injuste en feste inceste […] ». On vous renvoie immédiatement aux pages 96 et 97 de l’ouvrage pour une grande partie de bouillabaisse lexicale presque aussi hilarante que consternante.

Parce qu’à trop vouloir cerner, décoder et démythifier la musique, son message et ses protagonistes, à force de les déposséder de leurs mystères, de leurs ambiguïtés et de leurs résonances, on prend le risque de vider l’oeuvre de son substrat ésotérique et de briser les liens intimes et ontologiques qui la rattachent au groupe lui-même et à son public. Cela a visiblement échappé à Benoît Delaune, docteur en littératures comparées (on vous jure), dont le discours redondant, indigeste et lardé de fautes flirte avec les frontières de la platitude et de la négligence.

http://atheles.org/lemotetlereste

Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #6 (sept/oct 2011)
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THE MEN – Leave Home

6 Nov

(Sacred Bones, 2011)

Il y avait Woman à Brooklyn. Il faudra désormais compter avec The Men, au pluriel. Quatre musiciens, trois songwriters, un seul groupe, une faculté ahurissante à ne pas savoir choisir son camp et une identité dont les contours resteront définitivement flous, dilués dans un bain de schizophrénie pathologique, d’indétermination et de caméléonite aiguë. En somme, au sortir de Leave Home, leur troisième album depuis 2008 et premier pour Sacred Bones (jeune label basé lui aussi à Brooklyn. Mais si, tu sais, Zzzzzola Jesus…), on ne sait toujours pas qui sont réellement The Men, sinon que leur musique ressemble vaguement à une compression dirigée de César, à un agrégat concassé de références plus qu’honorables aussi diverses et variées que :
1) Ride/Slowdive/My Bloody Valentine, triumvirat du shoegaze britannique des 90s à qui The Men a piqué la guitare glide et le wall of sound (toutes proportions gardées. Ben Greenberg et le Python Patrol studio n’avaient vraisemblablement pas le même budget que Creation Records à l’époque de Loveless). « If You Leave », le premier morceau, en est un bel exemple, vaporeux, hymnique et psychédélique. Cependant, ne pas se fier à cette entrée en matière.
2) Pissed Jeans. Oui, « Think », c’est « False Jesii Part 2 » (King Of Jeans) quasiment note pour note et glaviot pour glaviot. Et par extension, on mentionnera forcément le protopunk des Stooges et du MC5.
3) Savage Republic pour certaines guitares ambiance « surf sur la mer des Balkans » (« Lotus », « If You Leave »).
4) Après un départ musclé porté par un vent Mudhonesque, « ( ) » cache en fait une reprise bourdonnante de « Revolution » des Spacemen 3. On serait peut-être passé à côté sans le fameux talk over « It takes just 5 seconds of decision, to realize that the time is right, to start thinking about a little revolution ».
5) Khanate meets Black Flag (« L.A.D.O.C.H. »).
6) La pâte artcore/chaos-lo-fi de l’incontournable Ben Greenberg, guitariste/chanteur chez Pygmy Shrews et Z’s, producteur de The Men ainsi que de la quasi-intégralité des groupes noise/rock/punk/DIY du vivier local qui s’agite actuellement à Brooklyn (Twin Stumps, Pop 1280, Child Abuse, Drunkdriver, Zulus, Extra-Life, White Suns, etc, etc, etc.)
7) Les Wipers, Sonic Youth, Pygmy Shrews et Histoire de l’Oeil (« Bataille »).
8) Les Urinals dont le « Surfin’ With The Shah » devient « Shittin’ With The Shah »
9) Et puis aussi les Ramones si on y va par là (etc, etc.).
Dès lors, on aurait pu fantasmer gentiment et imaginer Leave Home comme une brillante synthèse de tout cela, une somme d ‘influences habilement maniées et transcendées, un brouhaha syncrétique à la fois dense et fourmillants. Malheureusement, on a plutôt l’impression que le groupe a déversé, en quelques pistes, tous les ingrédients qu’il rumine depuis toujours, un peu comme une vache fait remonter de sa panse de l’herbe encore mal digérée.

http://wearethemen.blogspot.com/

7.10.11 – Podcast – L’agence tous disques d’Etienne Menu (Radio Campus Paris)

13 Oct

Le podcast de l’émission du 7/10 : http://www.radiocampusparis.org/melting_pot/lagencetousdisques/la-rentree-de-lagence-tous-disques/

« L’Agence Tous Disques faisait sa rentrée hier soir dans les studios de la rue des Tournelles, accueillant Morgan Poyau (Vice), Françoise Massacre (Noise), Olivier Lamm (Chronicart) et l’éternel Jean Nipon (Friedrich Nietzsche Magazine) pour discuter des mérites du deuxième album des Drums, du jazz-rock bien slappant de Thundercat, de la muzak élévatrice de James Ferraro et du blues anorexique de Bill Orcutt (qui se produira d’ailleurs le 20 octobre prochain à l’Espace en Cours, et non le 8 comme nous l’avons annoncé hier). »

31.10.2011 – The Melvins + Françoise Massacre Dj Set @ Glazart *

19 Sep

* (yé)

Soyez chics, venez tôt.

Melvins + Françoise Massacre DJ Set @ Glazart 2011

(affiche par Sylvain Synckop qui sera justement exposé à Glazart à partir du 3 novembre)

13.10.11 : Desicobra @ Glazart

17 Sep

Soirée Noise Mag vs Sur tes Tripes. Avec La Chatte et Black Bug.

Trois affiches pour la même soirée (et possiblement une quatrième à venir) au cas où t’aurais pas compris.

New Noise #6 – En kiosque aujourd’hui

17 Sep

En couve Primus
Dossier Synth-wave
Label Tsunami-Addiction
Playlist Pneu
Influence The Cult par John Garcia
Live La Route Du Rock, Dour

Interviews Kyuss, Secret Chiefs 3, Sebadoh, Goatsnake/Scream, Stephen Malkmus And The Jicks, Chris Taylor/CANT, Cindytalk, La Chatte, Robedoor/Not Not Fun, Rwake, Big Sexy Noise, Hawks, Mastodon, Throbbing Gristle/Chris & Cosey, Berline0.33, Sole And The Skyrider Band, Tarwater, H-Burns & Chris Bailey, Civil Civic, Walls, Wooden Shjips, Hail!Hornet, Shimmering Stars, Wine.

KOURGANE – Corps de Chasse

9 Sep


(A Tant Rêver Du Roi, 2011)
Wild Thing

« S’il est un groupe en France qui commence sérieusement à mettre tout le monde d’accord, c’est bien Kourgane » (Vicious Circle). C’est marrant, j’aurais dit tout le contraire. Il n’y a qu’à voir Kourgane en concert, c’est la division, le partage des eaux. A ma droite, les hermétiques incurables, ceux qui désertent systématiquement. A ma gauche, les fervents convaincus qui finissent généralement soumis par les boyaux et pulvérisés dans un tourbillon extatique. Entre les deux : le no man’s land. Si de toute évidence Kourgane ne mettra jamais tout le monde d’accord, le groupe ne laissera en revanche personne indifférent, singularité exceptionnelle oblige, d’autant qu’avec Corps De Chasse, il s’engouffre encore plus profondément « au milieu de nowhere », dans les arcanes de la radicalité monomaniaque et de l’obsession névrotique, celles qu’on avait fait bien plus qu’entrevoir avec l’étourdissant Heavy (2008, Relax Ay Voo / 2009, A Tant Rêver Du Roi) qu’on pensait relativement insurpassable.
Et pourtant, Corps De Chasse est une récidive de haute-volée, sauvage et tendue comme un arc, un taïaut assourdissant conjugué à l’assaut du carnivore, un disque de duel, de confrontations et d’antagonismes aussi salvateurs qu’hypnotiques et ce à tous les niveaux, macroscopique versus microscopique. D’abord, le macroscopique, parce que l’une des particularités de Kourgane, c’est de n’exploiter qu’une seule (ou presque) idée par morceau (prosaïquement, on appelle ça « bloquer »), d’en tirer parti jusqu’à la dernière goutte et de s’arrêter juste avant le point de rupture fatal. Délestée du format « chanson » traditionnel, taillée pour l’endurance et pour la transe, la musique se focalise uniquement sur la densité, progresse par dilatation, enfle comme une veine pressurée et tire sa force herculéenne de cette redoutable et minutieuse obstination dynamique. Mais en y regardant de plus près, ce qui rend réellement fou, c’est ce groove droit, implacable, rigoureux et mécanique résultant d’un procédé hautement machiavélique d’obédience quasiment Meshuggesque et qui réside dans le déphasage rythmique insidieux des guitares et de la batterie, dans un jeu sournois et incessant de superpositions, de décalages, de recalages et de télescopages démoniaques.

« Tiens ! / Pour toi Bouc Tiens ! / Tiens ! ».
Face à ce bloc instrumental compact et frontal, l’organe schizophrène, tout-puissant et sans égal de Frederic Jouanlong – mi-bête, mi-homme, véritable appeau vivant – s’affranchit de toutes les limites connues en matière de dissidence vocale (chante, hurle, grogne, murmure, parle, soliloque, strangule), de néologismes et de barbaries lexicales (« followed forest of le casseul »), démultipliant les faux selfs à l’infini (« des blocs d’orignaux dévalent solidaires / extrait du doigt ton cul la ronce du hangover ») sous l’auspice de la poésie dada d’Hugo Ball qui passait par la destruction volontaire du langage et la réinvention d’une langue onomatopéique libérée des conventions (« aumône rasée tenzin delek lava rinpoché / how much longer »). Mi-humain, mi-bestial… C’est exactement ce qu’est ce Corps de Chasse, un coup de maître carnassier en six chapitres où l’homme et l’animal se confondent scrupuleusement (à noter : le superbe artwork par Jean-Marc St Paul où des parties du corps humain émergent furtivement des représentations animales) dans un retour effréné à l’état de nature.

www.myspace.com/kourgane
Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #5 (juillet/août 2011)
couv (new) NOISE MAG#5

Octobre ou la mort

28 Juil

Deux soirées immanquables en octobre prochain.

La première, sous les auspices de GTOK? GTKO!, réunira nos vieux amis d’Enablers, désormais habitués de nos contrées mais toujours aussi insurpassables en matière de classe Ginsbergienne, Woman from Brooklyn, rejetons dépravés de Birthday Party et Lubricated Goat, et enfin One Lick Less, l’un des plus beaux groupes parisiens en activité. Ca se passera aux Instants Chavirés et pour les détails, liens et vidéos, je vous somme d’aller vous perdre ICI. Affiche réalisée par votre dévouée tôlière, d’après un auto-portrait de l’expressionniste allemand Conrad Felixmüller aka FM.

La deuxième, dont l’infâme line-up ne sera révélé qu’au moment que nous jugerons opportun aux répliques les plus brutales, sera organisée conjointement par Noise Mag et le blog J’irai verser du Nuoc Mam sur tes tripes du détestable Lelo Jimmy Batista.

Be there or die.

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