THE MEN – Leave Home

6 Nov

(Sacred Bones, 2011)

Il y avait Woman à Brooklyn. Il faudra désormais compter avec The Men, au pluriel. Quatre musiciens, trois songwriters, un seul groupe, une faculté ahurissante à ne pas savoir choisir son camp et une identité dont les contours resteront définitivement flous, dilués dans un bain de schizophrénie pathologique, d’indétermination et de caméléonite aiguë. En somme, au sortir de Leave Home, leur troisième album depuis 2008 et premier pour Sacred Bones (jeune label basé lui aussi à Brooklyn. Mais si, tu sais, Zzzzzola Jesus…), on ne sait toujours pas qui sont réellement The Men, sinon que leur musique ressemble vaguement à une compression dirigée de César, à un agrégat concassé de références plus qu’honorables aussi diverses et variées que :
1) Ride/Slowdive/My Bloody Valentine, triumvirat du shoegaze britannique des 90s à qui The Men a piqué la guitare glide et le wall of sound (toutes proportions gardées. Ben Greenberg et le Python Patrol studio n’avaient vraisemblablement pas le même budget que Creation Records à l’époque de Loveless). « If You Leave », le premier morceau, en est un bel exemple, vaporeux, hymnique et psychédélique. Cependant, ne pas se fier à cette entrée en matière.
2) Pissed Jeans. Oui, « Think », c’est « False Jesii Part 2 » (King Of Jeans) quasiment note pour note et glaviot pour glaviot. Et par extension, on mentionnera forcément le protopunk des Stooges et du MC5.
3) Savage Republic pour certaines guitares ambiance « surf sur la mer des Balkans » (« Lotus », « If You Leave »).
4) Après un départ musclé porté par un vent Mudhonesque, « ( ) » cache en fait une reprise bourdonnante de « Revolution » des Spacemen 3. On serait peut-être passé à côté sans le fameux talk over « It takes just 5 seconds of decision, to realize that the time is right, to start thinking about a little revolution ».
5) Khanate meets Black Flag (« L.A.D.O.C.H. »).
6) La pâte artcore/chaos-lo-fi de l’incontournable Ben Greenberg, guitariste/chanteur chez Pygmy Shrews et Z’s, producteur de The Men ainsi que de la quasi-intégralité des groupes noise/rock/punk/DIY du vivier local qui s’agite actuellement à Brooklyn (Twin Stumps, Pop 1280, Child Abuse, Drunkdriver, Zulus, Extra-Life, White Suns, etc, etc, etc.)
7) Les Wipers, Sonic Youth, Pygmy Shrews et Histoire de l’Oeil (« Bataille »).
8) Les Urinals dont le « Surfin’ With The Shah » devient « Shittin’ With The Shah »
9) Et puis aussi les Ramones si on y va par là (etc, etc.).
Dès lors, on aurait pu fantasmer gentiment et imaginer Leave Home comme une brillante synthèse de tout cela, une somme d ‘influences habilement maniées et transcendées, un brouhaha syncrétique à la fois dense et fourmillants. Malheureusement, on a plutôt l’impression que le groupe a déversé, en quelques pistes, tous les ingrédients qu’il rumine depuis toujours, un peu comme une vache fait remonter de sa panse de l’herbe encore mal digérée.

http://wearethemen.blogspot.com/

Publicités

Une Réponse to “THE MEN – Leave Home”

  1. Fucker 7 novembre 2011 à 16:18 #

    y a pas encore eu un casse-couilles pour dire que Leave Home était le 2nd album (comme les Ramones) de The Men et pas le 3eme ?
    DONE!

    leur concert à Paris est passé ou c’est pour bientôt ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :