THE FEELING OF LOVE – Dissolve Me

28 Juil

(Born Bad Records, 2011)

Garage-psyché

Pendant que l’Amérique fantasme la Lorraine comme la nouvelle Seattle, la Lorraine, elle, se la joue Providence : une scène tentaculaire, partouzarde et consanguine (Feeling Of Love, Scorpion Violente, Le Singe Blanc, Strong As Ten, Death To Pigs, Thee Verduns, Austrasian Goat, The Dreams, Plasto Beton ou 1400 points de suture, pour ne citer qu’eux) et une poignée d’increvables stakhanovistes qui pourraient facilement faire office de John Dwyer(s) locaux. JB Wizz, qui a du nez et des oreilles, a bien compris le truc et la nouvelle signature Born Bad sera donc marquée du sceau de la Grande Triple Alliance de l’Est (une loge mystérieuse dont les membres sont désignés par cooptation et dont, au passage, Cheveu fit – ou fait toujours – partie). The Feeling Of Love n’en n’est pas à son coup d’essai : une grosse poignée de splits, de sorties K7 et de démos, une dizaine de singles et de EP, un album live, un premier LP en 2008 (Petite Tu Es Un Hit, Yakisakana) suivi d’un second en 2010 (Ok Judge Revival, Kill Shaman). On en est là et musicalement, le groupe a fait du chemin depuis les tribulations solitaires de Guillaume Marietta jusqu’à la formule crapuleuse actuelle (pas systématique et pas forcément définitive), en trio avec Seb Joly et Seb Normal, deux autres figures décadentes de la micro-société messine. Sur la route, le garage pisseux des débuts a ramassé de nouveaux compagnons de débâcle, unis au service d’une stratégie purement machiavélique qu’on pourrait qualifier de « conservatisme psychédélique » et qui répond à un objectif majeur : la transe. Parce qu’en cherchant à dresser des ponts entre Dissolve Me et tout ce qui précède, on se retrouve tout bonnement avec une liste scandaleuse sur laquelle se télescopent, dans un halo rugueux de sueur, de stupre et de schnouff, la lie du rock/garage-psyché des quatre dernières décennies, des Gories à Coachwhips, en passant par Pussy Galore, le 13th Floor Elevator post-Altamont, le brouillard fuligineux des Spacemen 3, la noirceur dandy du Velvet (de plus en plus évident), le rockab mutilé de Suicide, les errances électroniques mutantes de Silver Apples, la morgue de The Fall ou encore les guitares post-stoogiennes noyées dans la reverb des Scientists. On passe même par la case Gainsbourg avec une reprise tropicold assez géniale de « Là-bas c’est naturel » chantée en duo avec une certaine Lili dont on ne sait à peu près rien. The Feeling Of Love ne réinventent pas la roue, ils la font tourner… tourner… tourner….
www.myspace.com/thefeelingoflove

Francoise Massacre
Publié dans: (new) NOISE MAG #4 (mai/juin 2011)
couv (new) NOISE MAG#4

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