PAN SONIC – Gravitoni

11 Oct


(2010, Blast First Petite / Differ-Ant)

LE CHANT DU SIGNAL

Pan Sonic, c’est fini. La séparation du duo finlandais qui, depuis 16 ans, trônait immuablement au sommet glacial de la sainte trinité estampillée IDM (à ce jour, on n’a pas encore trouvé d’expression plus nauséabonde pour parler de musiques électroniques expérimentales, ni plus condescendante au regard de la danse music) aux côtés d’Autechre et d’Aphex Twin, avait été annoncée dans le chaos à la fin 2009 puis suivie d’une tournée d’adieu. La désunion vient d’être définitivement entérinée par la sortie de cet album testamentaire monumental, épitaphe magistrale gravée au laser en plein cœur de la mécanique vibratoire. Pour tout dire, Gravitoni n’apporte rien de foncièrement nouveau à l’hostile édifice bâti méthodiquement par Mika Vainio & Ilpo Väisänen depuis Panasonic EP en 1994. Rien, sinon qu’en matière de maitrise absolue de la texture sonore et d’incompromission esthétique, ce disque fera sans doute autorité pour les siècles à venir, sans contestation possible. Jusqu’au bout, ces grands maniaques de l’analogique n’auront eu de cesse d’explorer les plus infimes recoins de la matière brute du son – sinusoïdes, souffles, fréquences, bruits blancs, grésillement, parasitages, perturbations, trous noirs, aspirations et vrombissements lâchés dans un vide infini – pour en faire germer des micro-symphonies technoïdes aussi hermétiques que suffocantes dans une vision extrémiste (ultra contemporaine, ultra minimaliste, ultra répétitive, ultra exigeante) de la musique concrète de Pierre Schaeffer et des acousmaticiens de l’après-guerre. Dans le même registre, quand certains utilisent des notes pour construire des mélodies, Pan Sonic crée l’illusion du mouvement et de la physique en donnant à entendre une musique tactile, quasiment palpable qui dans le détail s’apparente à peu de choses près à des phénomènes non-sonores tels que l’électricité, la chaleur (températures exclusivement négatives), la pression, la vitesse/statisme, la densité ou la lumière/anti-lumière. Et dans ce domaine, Gravitoni atteint une forme d’excellence inégalée. Peu importe le procédé, peu importe l’humeur, peu importe la forme ou plutôt les formes puisqu’elles oscillent ou s’écartèlent entre ambient électrostatique (« Hades » ou encore l’ultra-dark «Trepanointi/Trepanation »), techno minimale décharnée (« Pan Final » ou comme son l’indique, le grand final de l’album teinté de new wave et de vapeurs industrielles) et pur terrorisme sonique (« Corona « ). Ultime album, album ultime, Gravitoni vient de mettre un terme à un parcours musical sans faute et fait rentrer, du même coup, Pan Sonic au panthéon des grands manipulateurs passés maîtres dans l’Art du son. RIP
www.phinnweb.org/panasonic/

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #17 (août/septembre 2010)
couv NOISE MAG#17

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3 Réponses to “PAN SONIC – Gravitoni”

  1. Fucker 12 octobre 2010 à 1:21 #

    déjà lu. Le pire c’est que j’ai écouté une face de ce skeud samedi soir… (pas-trop-z-aimé)

  2. francoise massacre 12 octobre 2010 à 12:56 #

    tu n’aimes rien ni personne, je le sais, je l’ai lu sur ton fb.

  3. Fucker 17 octobre 2010 à 16:29 #

    tu sais pourquoi ?
    c’est pas’qu’j’suis punk !

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