CASSE GUEULE

7 Juin

Chers Frères, chères Sœurs, voici le psaume – apocalyptique s’il en est – que j’ai écrit à la demande des Frères de Casse Gueule pour leur imminente future démo. Amen.

Toi l’Homme, dans le fatras rocheux de ton hostile firmament d’impiété, tu restes sourd à ton propre malheur. Eh quoi ?
Que ne frémis-tu point, prophète, quand gronde le fracas claironnant de l’Apocalypse ?
Le sanglot d’un père, le courroux d’un mari, les hurlements d’une mère qu’on arrache à son sang,
la longue et odieuse plainte de l’agonie,
l’insatiable rugissement des loups déchiquetant les chairs déjà meurtries de leurs semblables,
le tumulte morbide de l’avidité,
le chant sépulcral de l’Irrévocable,
c’est que tu les entends !
Oh oui, tu les entends et ton âme les boit et puis… Quoi ? Tu ne courbes même pas l’échine !
Toi qui, sur ta montagne de mort, assiste, impassible, à la chute de ceux de ton espèce.
En bas, à quelques milliers d’enjambées de ton tombeau de misère et de stupre, les plus innocents d’entre les innocents se repaissent de la dépouille des frères que jadis ils chérissaient.
Regarde-les ces chiens errants, ces fils et ces filles de la lune, ces affamés, ces sinistres bêtes tapies dans l’obscurité.
Sent l’odeur infecte de leurs souillures et de leurs crimes.
Regarde la salive perler dans les replis putrides de leurs rictus de malheur.
Regarde au fond de leurs yeux jaunes !
Tu y vois pourtant le reflet de la démence et de la concupiscence du monde.
Tu y vois le massacre et le désespoir. Regarde bien, regarde encore, regarde mieux !
Maintenant, tu y vois la ruine. Notre ruine.
Mais toi, vieil homme ! Tes yeux à toi sont secs. Pourquoi ne pleures-tu pas face à l’insoutenable spectacle ? Ne t’émeus-tu point de la discorde incurable de ton peuple ?
Hélas, tous ils croient que comme eux, tu as ce cœur vide et ces entrailles dévastées. Oh mais moi…

Moi, je sais.

Je sais la prophétie.
Je sais la raison de ta sagesse et de ton silence.
Je sais que ce cœur n’est pas vide : il renferme l’Espoir et le Salut.
Je sais que dans ces entrailles bourgeonne la Béatitude des dieux en qui on ne pouvait plus croire parce qu’ils n’existaient plus.
Je sais encore qu’il en est trois de la tribu des Hommes et que de ces Trois, tu as dit Ils viendront.
Tu as dit La toison du Premier a la couleur du feu et il apportera la Réconciliation.
Tu as dit La mâchoire du Second est faite de lait et d’ivoire et il apportera la Félicité.
Enfin, tu as dit Du larynx dédaléen du Troisième s’échappera une auguste complainte.
Aussitôt qu’il l’entendra, l’Homme qui lutte cessera de lutter parce qu’il sera en paix.
Il sera lavé de ses péchés et son cœur redeviendra pur.
De la disgrâce renaitra le triomphe.
Et alors, le Monde baignera à jamais dans l’éclat de la Lumière Éternelle
.

Et moi, j’ai invoqué leur nom :

CASSE GUEULE

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2 Réponses to “CASSE GUEULE”

  1. dead 8 juin 2010 à 17:09 #

    c’est un nouveau side-project de cuizinier?

  2. francoise massacre 8 juin 2010 à 21:09 #

    Non, mais j’y ai pensé aussi. C’est Jon Toad ex-Jean Va Brûler avec Mathieu Ponroy et Pierre Le Dentiste.

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