Interview – Give me a… WOMAN

14 Mar

Photo : Carsten Fleck

Woman, rien qu’une histoire de mauvais garçons. Ces quatre musiciens basés à Brooklyn viennent d’accoucher d’un premier album d’une noirceur sauvage comme on n’en avait pas entendue depuis trop longtemps. Trimballant ses huit titres nauséabonds et poisseux comme la mort, pot-pourri de swamp, de blues, de post-punk et de noise, Woman tapine entre les bouges interlopes du Lower East Side du début des 90’s (Cop Shoot Cop, Chrome Cranks, Unsane, Swans) et les replis suintants de l’Australie (Birthday Party, Lubricated Goat). Femme, je vous aime.

Brett W. Schultz (guitare, voix) : L’histoire du groupe remonte à août 2003. Kristian et moi avons été présentés par l’intermédiaire d’un type qu’on appelait The Spiritual Father of Woman (Ndlr : le Père spirituel de la Femme). Je venais juste d’arriver à New-York, il faisait un temps dégueulasse. Musicalement, ça marchait bien entre Kristian et moi, mais je me demande combien de bassistes et de batteurs on a usé avant de tomber sur Skeleton Boy et Alex.
Skeleton Boy (basse) : J’ai beaucoup trainé dans le Lower East Side au début des années 90 – je suivais Jon Spencer et Chrome Cranks – jusqu’à ce qu’un jour, je tombe sur ces mecs un peu par hasard. Je me suis rapidement fait ma place dans le groupe, après quoi on a donné une série de concerts expéditifs et désorganisés, dont deux tournées sur la côte Ouest. On a commencé à bricoler quelques morceaux et quand ils nous ont semblé suffisamment repoussants, on s’est dit que le moment était venu de les diffuser à plus grande échelle.
Sur votre page myspace, on peut lire quelques fameuses citations à propos de Woman : « Flipper qui aurait pris trop de LSD ! » (Stephen DePace, Flipper) ; « Woman. Voilà un super nom de groupe ! J’arrive pas à croire que personne n’y ait pensé avant. » (Pete Townshend, The Who) ou encore « Woman, c’était nase. Je suis sûr qu’ils étaient tous sous heroine. » (Un connard de Cleveland). Pourquoi ne pas avoir publié celle-ci : « Woman ? Je voulais les faire jouer à ma fête d’anniversaire. Laisse tomber, ils étaient trop chers » (Nick Cave, Birthday Party) ? »
BWS : On essaye vraiment de se débarrasser de ces comparaisons avec Birthday Party.
Pourtant, c’est difficile de ne pas songer à Birthday Party ni à la face la plus sombre de la scène noise/garage/swamp australienne, des Scientists à Beasts Of Bourbon en passant par Lubricated Goat, Bird Blobs… Quelles sont vos connexions avec cette scène? Kristian, tu es originaire d’Australie, n’est-ce pas ?
Kristian Brenchley (guitare, voix): Merci pour le compliment. Je suis Australien en effet mais je vis à New-York depuis 2001. En ce qui concerne les influences australiennes que tu cites, on peut dire que c’est dans notre sang, comme AC/DC d’ailleurs. Je peux difficilement prendre une guitare sans que ces choses-là ressortent. Ceci dit, on n’a jamais essayé de sonner comme ces groupes parce qu’à partir du moment où ça devient un acte volontaire et conscient, ta musique est vouée à l’échec. Tu parlais de Bird Blobs, ça fait 15 ans que je connais Tim et il vit aussi à New-York maintenant. On fait beaucoup de concert avec eux. D’une certaine façon, je crois que Tim et moi, on a ramené à New-York ce qu’il y avait de bon à prendre à Melbourne dans les 90’s.
Le son de l’album est cru, sale, très vivant aussi. Vous l’avez enregistré dans les conditions du live ?
SB : Pour que la musique soit vivante, que le sang coule, il fallait enregistrer en live. Ça aurait été stérile si on l’avait fait autrement. C’est Martin Bisi qui nous a enregistrés dans son studio légendaire, le B.C. à Brooklyn (Ndlr : cet ancien collaborateur de Brian Eno et Bill Laswell a enregistré et produit Sonic Youth, les Swans, John Zorn, Herbie Hancock, Helmet, Unsane , Cop Shoot Cop, White Zombie, Boredoms ou Alice Donut, pour ne citer qu’eux).
KGB : L’histoire de ce studio est incroyable. Ça servait de gigantesque entrepôt pour stocker l’artillerie pendant la guerre entre les Etats-Unis et l’Angleterre. Martin est installé là-bas depuis 79. Il te raconte toujours des anecdotes du genre « Brian Eno a balancé une chaise ici » ou « Lydia Lunch a chanté juste là ». Le disque a été enregistré dans les conditions du live avec quelques overdubs de guitare et de voix. Martin a réushttps://francoisemassacre.wordpress.com/wp-admin/post.php?action=edit&post=521&message=10si à capter exactement ce qu’on avait en tête, et bien plus encore.
SB : Vu le bagage de Martin, on savait qu’il comprendrait ce qu’on fait ou en tout cas, qu’il irait dans le sens de notre musique, mais on ne pensait pas qu’il serait à ce point enthousiaste. Il n’a jamais sourcillé, il nous a même aidé à choisir les objets qui allaient nous servir à taper sur ses escaliers en métal en guise de percussions additionnelles.
Je ne suis pas vraiment surprise de vous voir au catalogue de Bang ! Records (label basque spécialisé dans le rock/garage/swamp australien).
SB : C’est Juan Ittuarte, le “head honcho” du label, qui est venu nous chercher. Il avait écouté quelques vieilles démos. On adorait déjà Bang ! et à peu près toutes les sorties du label alors on était ravis de pouvoir contribuer nous aussi à sa mauvaise réputation

WOMAN – Woman (2009, Bang ! Records)
www.myspace.com/womannyc

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #14 (janvier/février 2010)
couv NOISE MAG#14

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2 Réponses to “Interview – Give me a… WOMAN”

  1. RheaY 7 novembre 2012 à 18:49 #

    Je n’ai rien contre l’article, mais je suis en désaccord avec un couple de points à certaines extenct . Je suis probablement une minorité bien , lol . Merci pour le partage sur francoisemassacre.wordpress.com . Cordialement

  2. francoise massacre 7 novembre 2012 à 18:59 #

    oui mais encore ?

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