FLIPPER : L’INTERVIEW QUEUE DE POISSON

4 Oct

Flipper

Dix ans après le très dispensable American Grafishy, on nous annonce la sortie simultanée de deux nouveaux Flipper : Love, album studio enregistré par Jack Endino avec l’ex-bassiste de Nirvana Krist Novoselic (dont on a, entre-temps, appris la défection), et son pendant live, Fight. Alors, puisque les albums légendaires du groupe viennent d’être réédités, c’est le moment rêvé pour aller à la pêche… Gone Fishin’.
(… Quelques temps plus tard…) Des semaines à essayer d’attraper le putain de poisson. D’abord Ted Falconi nous dit qu’il a un problème de connexion internet. On est renvoyé à la case DePace qui après avoir laborieusement répondu au tiers de nos questions, nous renvoie à son tour à la case Bruce Loose. À partir de là, ce fut comme essayer d’attraper à la main une truite bien visqueuse. À chaque fois tu crois l’avoir, et squeek, elle te glisse entre les doigts. Ça s’est bien sûr fini en queue de poisson. À force de presser doucement sur l’animal pour essayer de le tenir, ne sont restées que les maigres arêtes d’une interview qu’on aurait aimée un peu plus consistante. On vous souhaite quand même un bon appétit.

« Flipper, c’est un peu Spinal Tap, sauf que ce sont les bassistes qui meurent ». Est-ce que Krist Novoselic va bien ?
Steve DePace : Krist ne fait plus partie du groupe. Il ne pouvait plus assurer les tournées et il a préféré tirer sa révérence. Nous avons une nouvelle bassiste, Rachel Thoele, qui faisait partie, entre autres, de Frightwig et de Mudwomen.
À chaque nouveau bassiste un Flipper différent ?
Oui. Tous les bassistes ont apporté à Flipper leur touche personnelle et on a fait des enregistrements avec chacun d’eux, soit en studio, soit en live. Chaque bassiste reflète une période particulière du groupe.
Finalement, vous avez participé à ce concert de soutien à la campagne d’Obama l’année dernière à Seattle ? C’était une idée de Novoselic-le-politicien ?
Non, ce sont les organisateurs qui nous ont contactés pour jouer.
Love /Fight. Ça veut dire quoi, vous adorez être en studio et alors que jouer sur scène est une lutte de tous les instants ? J’imagine que ça n’est pas aussi simple que ça.
Non. Le titre de ces deux albums viennent d’un morceau de Love, « Love Fight ». On voulait appeler les albums Love Fight et Love Fight Live mais on a décidé d’être un peu plus créatifs que ça. On aime la scène autant que le studio, ce sont deux situations intéressantes et gratifiantes à leur manière.
En écoutant Love, j’ai l’impression que vous avez voulu retrouver le son de la période Will Shatter (sans les abus de drogues, d’alcool et l’auto sabotage délirant qui allait avec).
C’est aussi ce que j’ai ressenti par rapport à Krist et à son jeu de basse, surtout lorsqu’on jouait les vieux morceaux. Il s’est efforcé de jouer les morceaux de la manière dont on les avait enregistrés à l’époque. La première fois qu’on a répété ces vieux morceaux avec lui, j’ai vraiment eu l’impression de remonter le temps à l’époque des débuts de Flipper. En revanche, je ne suis pas d’accord en ce qui concerne Love. Pour moi, ce disque sonne comme une étape supplémentaire dans l’évolution du groupe, il a son propre truc. Peut-être que je n’ai pas suffisamment de recul pour pouvoir entendre ce que quelqu’un d’extérieur perçoit. Je sais que Krist aime beaucoup les premiers enregistrements de Flipper donc c’est probablement ce vers quoi il a voulu tendre.
Qu’est-ce qui s’est passé pendant les dix années qui séparent American Grafishy de Love ?
John Dougherty est mort et Bruce s’est blessé le dos par-dessus une première blessure plus ancienne, ce qui fait qu’il ne pouvait plus monter sur scène. On n’a rien fait pendant dix ans.
Les deux disques sont assez différents, en tout cas au niveau du son. Je fais partie de ceux qui pensent que Grafishy était un mauvais disque de comeback. Le son de Love en revanche est plus fidèle à la crudité de vos compos, le disque semble un tantinet plus intuitif aussi.
J’aime beaucoup American Grafishy. C’est un enregistrement qui a immortalisé une période pendant laquelle on essayait de se retrouver. John Dougherty était notre tout premier bassiste après la mort de Will Shatter et ce disque représente la façon dont on a évolué avec ce nouveau musicien. Il faut ajouter qu’on venait de signer un deal avec American Recordings et tout ça, c’était très nouveau pour nous, tout comme le fait de jouer avec un bassiste qui ne partageait pas les lignes de voix avec Bruce. À partir de là, Bruce est devenu le seul et unique chanteur dans Flipper. Les 90’s étaient une ère nouvelle pour nous et j’étais content de cet album. Je le suis toujours.

FLIPPER – Love & Fight (MVD Audio) // www.myspace.com/flipper

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #11 (août/septembre 2009)
couv NOISE MAG#11

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