DOSSIER 2008 – 4 albums « made in France »

23 Mar


DEATH TO PIGS
Carnal Carnival
(Gaffer / Down Boy)

Et si la Lorraine était à la France ce que Providence fut aux États-Unis d’Amérique à l’orée du XXIème siècle ? Un vivier pour l’underground noise/punk/garage décadent et un certain talent pour réveiller un Do It Yourself paralysé par une meute de chiens pelés et un syndicat de têtes de mort. Death To Pigs a choisi la méthode double: injection d’adrénaline plus électrochocs, comprendre un enchaînement de titres abrasifs et frénétiques, entre sursauts no-wave façon New-York circa 80, post-punk classe internationale (PIL, Birthday Party, Pere Ubu) et, puisqu’on parle de Providence, noise accidentée à la Arab on Radar.

A.H. KRAKEN
Elle avait peut-être 19 ans mais pour moi elle en aura toujours 12
(In The Red)

Encore la Lorraine, toujours la Lorraine, sa couleur locale – glauque et interlope – et son odeur de pisse et de chaos. A.H. Kraken, c’est le choc des cultures thrash endémiques, ou quand une noise-punk nauséabonde héritée de quelques dégénérés d’Outre-Atlantique (Chrome, Butthole Surfers, Flipper ou – encore – Arab on Radar, une influence décidément très prisée dans cette partie de l’hexagone) sert de bande-son à des histoires de sinistrose ordinaire glanées au cul de la France profonde. A.H. Kraken a rejoint l’écurie In The Red aux côtés des Black Lips, Jay Reatard, Dirtbombs et Andre Williams, preuve que le rock-pute de l’Est se porte aussi bien qu’il s’exporte.

SHUB
The Snake, the Goose & the Ladder
(Go Back / Down Boy / Rejuvenation / Karaoke 666 / Whosbrain)

Après Jarnac vs Seattle, après Providence vs la Lorraine, voici le Gard (Face A) contre le Texas (Face B). Formes géographiques identiques, même amour du pétrole et du raffinement, même classe dans le port du Stetson (en feutre pour les uns, en paille pour les autres) et quatre lettres en commun (B.U.S.H). Mais la ressemblance s’arrête là. Car le trio français gardois a inventé le Shub, un genre de rock transcontinental unique, railleur, tendu et épique; un groove hybride entre post-punk et noise progressive, un peu de Shellac, de The Ex ou de Dick Dale par flashs et des riffs belliqueux qui avancent par paliers et deviennent des idées fixes. Un album anti-guerre froide qui ravira aussi bien le front de l’Ouest que le front de l’Est : ouais, elle déchire cette cover de Prokofiev, mec !

WARSAW WAS RAW
Chaajoth
(Rejuvenation / Guerilla Asso / La Mâchoire)

À l’heure où l’on vous parle, l’entité palydrom-ique parisienne est devenue un trio chant guitare/batterie/voix (féminine). Mais Chaajoth a bien été enregistré en formule quintet avant le départ d’Amélie (également au chant/cris/argh !) et du bassiste Koja. Avec 9 titres pour 9 minutes 26 d’hystérie collective noisythrashcore/grindcrustopunk entre Locust, Das Oath, Dazzling Killmen et Daughters, ce premier « full-lengh » fulgurant tout en cassures rythmiques et en raclements de gorge profonde est ce qu’on pourrait appeler un petit concis de musique de barges, une ellipse cathartique à l’attention des grands dégénérés du bulbe.

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #8 (jan/fév 2009)
couv NOISE MAG#8

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