WOLD – Stratification

31 Déc


(Profound Lore, 2008)

HARSH NOISE VS BLACK METAL

Pas certain que Wold et ses mystères n’aient été inclus un seul instant au programme très old school du « Canadian Metal » de nos amis Fenriz et Nocturno Culto. Et pourtant, Wold est bien un duo corpsepaint-free 100% canadien – avec déjà trois albums au compteur et rien à jeter – dont la prose est traversée de part et d’autre par l’évocation des paysages nocturnes, enneigés et désolés de leur Saskatchewan natal. Nuits glacées, reines des neiges, no man’s lands cryogénisés sous une lune blafarde, infernal blizzard et vive le vent d’hiver : des thèmes qui, sur le papier, font directement écho à la thématique « nature et nordisme » Darkthronienne du début des 90’s (A Blaze In The Northern Sky, Under A Funeral Moon), à l’exception peut-être des rennes et des clochettes de la ballade en traineau de « Sleigh Ride » – car voyez-vous, les norvégiens de la vieille école, eux, avaient le cran de se déplacer à pied… l’histoire ne dit pas s’ils portaient des Moon boots. Musicalement cependant, le blacknoise hybride de Wold s’adresse bien moins aux nostalgiques d’un black metal traditionnel qu’aux oreilles coutumières des turbulences soniques extrêmes de Prurient, Philip Jeck ou Wolf Eyes. Les 50 minutes de Stratification, qui porte magnifiquement bien son nom, sont enroulées dans un épais manteau de bruit blanc en couches granuleuses superposées. L’électrique et l’électronique sont bouillis dans la même marmite puis refroidis à des températures extrêmes pour former un agrégat menaçant de boucles hypersaturées duquel s’échappent parfois les restes d’une boîte à rythme grippée, d’un bourdonnement de guitare ou d’un vague débris mélodique. Au-dessus de ce chaos compact et incessant, Fortress Crookedjaw, la voix de Wold, vomit sa bile dans la neige immaculée. Sensation et image mentale : la tête plaquée sur le moteur d’un scooter des neiges propulsé à toute vitesse dans la tempête glacée alors que vous vous faites engueuler copieusement par le type haineux qui conduit l’engin pied au plancher, le même qui un jour a dit : « Stratification est la voix de la domination de Wold. Nous dominons d’une manière authentique, comme la colère et le sexe. C’est notre disque le plus fort et le plus strict. En tant que guerriers et artistes, Obey et moi nous sentons satisfaits ; nous sommes réellement triomphants. C’est naturel. C’est juste ». Non, c’est pas juste. Je t’ai rien fait, moi.
http://wold-klan.blogspot.com/
Francoise Massacre

Publié dans: NOISE MAG #7 (oct/nov/dec 2008)
couv NOISE MAG#7

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