THE FALL – Imperial Wax Solvent

31 Déc

The Fall - Imperial Wax Solvent

(Sanctuary, 2008)

Le saviez-vous ? Entre la sortie du 26ème et du 27ème album de The Fall, Mark E. Smith a déclenché un véritable scandale animalier en Grande-Bretagne. Rions un peu avec un petit résumé de l’histoire :
En avril dernier, le leader de The Fall déclarait à Uncunt Magazine : « Faire la peau à écureuil rouge en voie d’extinction avec un taille-haie : avec joie ». Dans la foulée, il lâchait : « Les écureuils ne signifient rien pour moi. J’en ai tué deux le week-end dernier. Ils étaient en train de bouffer ma haie ». Indigné, l’un des hauts responsables de la Société Royale pour la Prévention des actes de Cruauté envers les Animaux (RSPCA) dénonçait les propos de Mark E. Smith, les qualifiant d’offensants et d’« extrêmement irresponsables ». Peu de temps après, Smith était surpris en flagrant délit alors qu’il courait après des mouettes. Choqué, le même responsable de la RSPCA de commenter : « Courir après les mouettes constitue également une offense. (Ndlr : Rires) La RSPCA a déjà entamé des poursuites contre des gens qui tuaient illégalement des écureuils et des mouettes (Ndlr : Rires BIS) et n’hésitera pas à recommencer s’il le faut ! ». A noter que l’autobiographie Renegade : The Lives and Tales of Mark E. Smith vient d’être publiée chez les éditions PENGUIN.
Nul ne sait si Mark E. Smith purge aujourd’hui sa peine de travaux d’intérêt public en nettoyant le guano des rives du Mersey mais une chose est certaine, c’est que le vieux busard vient de pondre le meilleur album de The Fall depuis très longtemps (et qu’il est même tellement bon qu’en toute logique, personne en France n’a jugé utile de le distribuer). Exit les amerlocs du backing band de Reformation Post-TLC qui avaient été embauchés dans l’urgence par Smith après que trois des membres de la formation antérieure l’eurent lâché au beau milieu d’une tournée aux USA en avril 2006 (d’où l’acronyme TLC pour Traitors, Liars and Cunts). Exit, donc, les amerlocs, et avec eux la basse slappée, le son propret et les atermoiements, enfin, exit cette grotesque mésalliance géoculturelle consistant à faire jouer des non-anglais dans LE groupe anglais par excellence. Peut-être qu’à force de changer de line-up, The Fall aura tôt fait d’avoir épuisé tous les musiciens anglais d’Angleterre, du Royaume-Unis, du Commonwealth et du monde entier sans exception mais en attendant, le marquis, dans son nouveau costard 100% british, est au sommet de sa forme déglinguée et de sa pugnacité dans l’Art si particulier de s’en foutre royal. Imperial Wax Solvent démarre d’emblée par un chaloupement inédit si l’on s’en fie à ma connaissance parcellaire de l’incommensurable giga-discographie de The Fall, quelque chose entre swing retro, jazz 50’s, exotica et une atmosphère type sci-fi de série B avant l’invention de la couleur. Mais à quelques exceptions près, IWS est un disque à grosse dominante garage motorik, saturé, crasseux et totalement dénué d’attitude. Grands moments : « Wolf Kidult Man » qui enterre sur le champ John Spencer avec tous ses rejetons, suivi immédiatement du morceau de bravoure de l’album, « 50 Year Old Man », génial triptyque de 11 minutes sur lequel Mémé grogne son contentement de quinquagénaire avec un plaisir menaçant (« I’m a 50 year old man and I like it / I’m a 50 year old man and I’m proud of it !») sur les trois parties tourbillonnantes bien distinctes du morceau tour à tour garage up-tempo, mid-tempo puis glam entrecoupées par un premier interlude country megacrétin au banjo et un deuxième dans une veine plutôt saccage bruitiste. Toujours garage, mais moins emphatique et plus lascif (pour autant que l’adjectif « lascif » puisse être associé à Mark E. Smith) « Strange Town » est une excellente reprise, très stoogienne, des Groundhogs dont The Fall avaient déjà revisité « Junkman » sur Middle Class Revolt en 94. Et puis, comme l’exige la tradition, « I’ve Been Duped » avec son refrain totalement pompé à Sonic Youth (they’ve been duped !) est LE morceau de l’album concédé à la courageuse Madame Smith alias Elena Poulou, comme « The Wright Stuff » l’était sur l’album précédent. Niveau curiosités enfin, on retiendra « Taurig », espèce de tentative nébuleuse kraut-electro-danse, suprême exemple de bâclage lourdingue intentionnel (un genre à part entière chez The Fall), mais la palme va sans conteste à « Can Can Summer » qui contient l’un des croassements smithiens expectorés les plus franchement crevants que j’ai entendus : « MY BOSS… He has the imagination of a GNAT ! ».
La musique de The Fall, « toujours différente, toujours la même » et parfois, encore meilleure.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #6 (été 2008)
couv NOISE MAG#6

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