JEAN-CHRISTOPHE MENU – Lock Groove Comix n°1

31 Déc

(Collection Mimolette / L’Association)

Dans la lignée du brillant The Joke (entièrement dédié à The Fall et Mark E. Smith) ou de Claudiquant sur le dancefloor de son comparse moustachu Luz, l’auteur-dessinateur JC Menu observe le petit monde du rock, ses rites et ses codes par le prisme de la bande-dessinée autobiographique, dans ce qui semble être le premier numéro de la série Lock Groove Comix. Le lock groove est le sillon perpétuel qui termine chaque face d’un vinyle. Silencieux la plupart du temps,  certains musiciens s’en sont toutefois emparés pour y graver des boucles sisyphéennes, la plus célèbre étant sans doute celle qui clôturait les premières versions mono de Sgt. Pepper des Beatles. Ce sillon sans fin sert donc de prétexte liminaire à ce comics de rock’n’roll geek nostalgique – voire réac ou puriste, juste ce qu’il faut – de la bonne vieille galette vinyle. En une trentaine de pages, JC Menu raconte et illustre de son trait rapide et crapoteux des tranches de vie et de rock désordonnées, depuis sa découverte des Beatles à 13 ans (un épisode d’un classicisme un peu convenu) jusqu’à son initiation difficile au poussage de disques par son mentor Luz justement (un clin d’œil à Faire danser les filles de ce dernier sur le sujet), le tout truffés d’anecdotes et d’observations confinant à la zoologie (lire « Les Plaies des concerts » soit une petite typologie du gros relou insécable de tout concert de rock) et entrecoupé de quelques chroniques de 45 tours de son enfance (les Sparks, David Essex…) ou de sillons perpétuels remarquables (Evol de Sonic Youth, Little Baby Buntin’ de Killdozer, Calvin Crime…). On y croise quelques groupes et personnages emblématiques : Patrick Eudeline, Brant Bjork et Alfredo Hernandez, David Yow – avec Qui à la Maroquinerie l’année dernière puis avec Jesus Lizard à l’Arapaoh en 98 -, Shellac et Albini, Neil Young et surtout David Thomas (mon préféré), pour un double report illustré des deux derniers concerts de Pere Ubu en région parisienne : à Villejuif en février dernier et au Nouveau Casino à Paris le 13 octobre 2006, date inoubliable qui vit Frigo, groupe minable de première partie, se faire rebaptiser « Fucking Frigo » pour l’éternité par un David Thomas au sommet de sa grâce venimeuse.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #6 (été 2008)
couv NOISE MAG#6

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