EARTH – The Bees Made Honey In The Lion’s Skull

23 Avr

Earth The Bees Made Honey...

(Southern Lord, 2008)

Poursuivant sur la lancée de son grandiose prédécesseur dont il constitue de fait la suite directe, le nouveau Earth continue d’explorer l’immensité aride et désertique du Wild Wild West américain. C’était déjà le cas avec Hibernaculum, le disque de revisitation de Earth par Earth (dont on retrouve d’ailleurs le morceau « Miami Morning Coming Down» à l’identique) ; Ici encore, les 7 titres de The Bees Made Honey In The Lion’s Skull relèvent globalement des mêmes ressorts que Hex : les rythmiques d’Adrienne Davies, nonchalantes, larges, minimales, sont en tous points identiques et les thèmes toujours exposés, déroulés puis répétés à l‘unisson avec une lenteur et une solennité que vient à peine perturber l’écho lointain d’une guitare-slide ou d’un piano de saloon. En revanche, là où The Bees n’est pas tout à fait à la hauteur du dépouillement jusqu’au-boutiste et captivant du précédent volet, c’est que les paysages qui y sont évoqués semblent moins désolés, plus fertiles et moins dépeuplés. D’abord parce que les influences country-blues et rock psyché 60’s et 70’s y prennent une place plus grande, au détriment des atmosphères fatales inspirées par les scènes de duels des Westerns spaghettis mis en musique par Enio Morricone. Et puis, on suppose aussi que le nouveau line-up y est pour quelque chose. Exit Jonas Haskins et sa guitare baryton. Avec l’arrivée de Don McGreevy (qu’on avait vu sur la dernière tournée européenne de Earth) à la basse électrique et acoustique, de Steve Moore sans son trombone mais avec son piano et ses claviers vintage (Hammond B3, Wurlitzer) et la participation fantomatique de Bill Frisell sur une partie de l’album, le parc instrumental s’est étoffé. Malheureusement, les textures sonores gagnent en densité ce qu’elles perdent en gravité et le son devient du même coup moins spacieux. Enfin, sans aller jusqu’à regretter que Dylan Carslon ait enfin réussi à exorciser une partie de ses vieux démons en prenant de l’âge et de la bouteille, on remarquera simplement qu’à cet homme-là, le désespoir lui allait si bien… Hex était un très grand disque parce que Earth avait réussi le tour de force de donner une bande-son sans pareil aux œuvres les plus belles et les plus désespérées de William Blake et de Cormack McCarthy. A cet égard, The Bees Made Honey In The Lion’s Skull souffre un peu de la comparaison et ne constitue guère qu’un prolongement plus conventionnel de l’opus précédent, à l’image d’ailleurs de son artwork, explicite à l’excès, signé Arik « bad taste » Roper. Il n’en reste pas moins un superbe moment d’Americana.

www.thronesanddominions.com
www.southernlord.com

Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #4 (janvier 2008)
couv NOISE MAG#4

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