OXBOW – The Narcotic Story

11 Sep

oxbow - the narcotic story
(Hydra Head, 2007)
Deviant Art

Il suffit d’une écoute, une seule et pas une de plus pour saisir l’incroyable force de The Narcotic Story et mesurer le chemin parcouru par Oxbow depuis Fuckfest en 1990. Ce disque est grand, et quand Eugene Robinson vous parle, il vous colle ses visions corrompues et sa littérature dérangée directement dans le creux de l’oreille (Oh man, she’s great, Let’s go to my place, To fix your face). Sur scène, on le sait et c’est souvent la seule chose qu’on sait, le géant d’ébène à la stature à mi-chemin entre Cassius Clay, Henri Rollins et Rocco Siffredi a pris l’habitude de déambuler possédé et à poil en se touchant le zizi. Je vous assure que ça n’est pas drôle. Mais finalement, il ne se sera jamais autant découvert que sur ce disque. On lui voit tout, l’âme, la glotte, le cœur, les viscères et les entrailles. Pardonnez-moi la plaisanterie mais quelque part, ce voyage intérieur torturé est beaucoup plus touchant qu’un zizi (Some pets of mine, Piss on the porcelain, Crap on the floor, They’ll kill me before) et d’autant plus intense quand il est relayé par les forces vives du groupe et la géniale habileté orchestrale de Niko Wenner. Les dédales de cordes à la Ligeti, la fluidité introspective des bois, du piano et des orgues Messia(e)niques s’accordent exactement à la crudité du son électrique fracturé, et inutile de dire qu’en réunissant ce qu’à priori tout oppose, ce disque fait valser toutes les certitudes qu’on pouvait avoir sur Oxbow puisque The Narcotic Story exprime à fois la violence, la dépravation, la colère, l’angoisse, la démence et la peine qu’on leur connaissait déjà, mais aussi tout son contraire (It’s not the taking, It’s the giving, That I Love). On ne sait même plus s’il est encore légitime de parler de noise, de rock, de blues ou de musique de chambre contemporaine puisque c’est tout cela et rien de tout cela à la fois, comme on s’avoue difficilement qu’on a bien failli y voir parfois quelques filiations impures avec les Bad Seeds, Birthday Party, Enablers ou encore Pere Ubu. Et finalement, la seule certitude qui résiste à l’écoute de The Narcotic Story, c’est que jamais un disque d’Oxbow n’avait été aussi passionnant.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #2 (Septembre 2007)
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