THE FALL – Reformation Post-TLC

5 Juin

THE FALL - Reformation Post TLC (Santuary, 2007)
(Sanctuary, 2007)

Les enfants, ça y’est, c’est le début de la fin. Retenez-moi, enchaînez-moi, kidnappez-moi, ou je cours postuler chez Rock’n’Folk. On est en avril, et les deux albums que j’ai le plus écoutés depuis ce début d’année, que j’aime le plus, et dont je ne me suis pas encore lassée sont des disques de vieillards patentés dont tout le monde, ou presque, s’accorde à dire qu’ils sont passablement désastreux, surtout en ce qui concerne le second : Le Stooges (passe encore) et le nouveau The Fall… Bon sang, une chance que les Ramones soient presque tous morts et hors d’état de nuire. Que les choses soient claires : n’achetez pas ce disque, ou si vous l’achetez, ne venez pas vous plaindre. La rédaction et moi-même déclinons toute responsabilité. Car comme Mark E. Smith, seul membre permanent de The Fall depuis la fin des 70’s, la faute de goût est éternelle et ne fait même que commencer. C’est pas moi qui le dit, c’est lui, sur « Over ! Over ! », avec sa voix de pilier et son air légendaire de s’en battre royalement les gonades : « I think it’s over now, I think it’s beginniiin-g ». D’ailleurs, il s’en fout tellement que non content d’avoir raflé sans vergogne ce texte au « Coming Down » de United Stated Of America, il lui a aussi piqué sa ligne de basse. L’enflure. Ça n’est pas nouveau, mais c’est toujours aussi culotté. Du culot à la limite du je-m’en-foutisme, il en fallait aussi pour engager un backing-band entièrement composé d’Américains (à l’exception de sa courageuse épouse). Pour le groupe le plus anglais de la Terre, ça aurait pu faire désordre, mais comme par miracle, ils sont tous aussi lessivés que le patron. On se demande même lequel va s’endormir en premier. C’est que faire la tournée des pubs avant de rentrer en studio, ça vous fout une session en l’air. Ça vous fait faire des bêtises : un morceau à rallonge pendant lequel il ne se passe rien (« Das Boat ») – si ce n’est trois slackeries électroniques et autant d’onomatopées apathiques, mais qui a sûrement permis à ce petit monde de prendre le temps de cuver bouffonnement leur baril de pale ale – ou bien une reprise de Merle Haggard outrageusement tarte à reléguer Linda Ronstadt au rang d’outsider. Décidément, tout, dans ce Reformation Post TLC, joue, à priori en sa défaveur. J’ai vraiment tout fait pour ne pas aimer ce disque, ou disons, pour l’aimer un peu moins mais je n’ai pas réussi. Ça fait 30 ans que Mark E. Smith se fout de la gueule du monde et 30 ans que The Fall chute sans jamais toucher le sol. Reformation a beau s’approcher du brouillon, il contient encore ces perles typiquement falliennes, identifiables entre mille, qui l’emportent largement sur tout le reste : un rythmique motorik à la Neu !, un clavier plus mancunien que New Order, une basse à la Suicide, une imitation grotesque de Captain Beefheart, deux mots répétés en boucle jusqu’au malaise éthylique, et toujours, cette insolente nonchalance (dont Madame Smith tire admirablement partie sur « The Wright Stuff »). Ça ressemble a une recette mais ça n’en est pas une. The «Fall Sound» n’a pas de recette.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #1 (Juin 2007)

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