SINCABEZA – Edit Sur Passage Avant Fin Ou Montée d’Instrument

4 Juin

SINCABEZA - Edit... (Distile 2007)
(Distile Records)
Mathématiques modernes

Il y a des disques qui s’écoutent mieux en voiture que n’importe où ailleurs. Je soupçonne ce deuxième album du trio post-truc instrumental Bordelais d’en faire partie, intuition invérifiable depuis qu’un cinglé sans licence a pulvérisé ma guimbarde avec son mammouth tout-terrain en décembre dernier. «Tout-Terrain», c’est aussi le titre de l’un des morceaux de l’album précédent de Sincabeza, celui qui m’a fait comprendre pourquoi ce Edit Sur Passage Avant Fin Ou Montée D’Instrument, malgré son panache, me laissait à chaque écoute un infime goût d’inachevé. Sur ce « Tout-Terrain » donc, et seulement à la dernière minute, la présence vocale arrachée de Julien d’Adam Kesher, Year Of No Light et Metronome Charisma faisait soudain jaillir la force fracassante du background instrumental, le rendait plus dangereux et plus sale, et on regrette un peu que Sincab n’ait pas décidé de réitérer l’expérience, voire de la pousser beaucoup plus loin sur leur deuxième album. On l’aurait aimé moins sage, un tantinet plus prétentieux et claquant, plus retord, avec un peu plus d’estomac (ou sans la tête ?) et les crampes qui vont avec, et puis cette basse qu’on cherche sans vraiment la trouver. Voilà pour la mauvaise nouvelle, parce qu’il faut toujours commencer par là.
La bonne nouvelle, c’est que sauf cette réserve, Edit flanque le trio dans le haut du panier post-rock-matheux hexagonal. Ici, peu de groupes versés dans l’art de l’éclatement rythmique leur dame le pion, même pas à la Mecque (je veux dire à Nantes, le berceau français du genre), là où l’album a été enregistré sous la tutelle bienveillante de Miguel Constantino à qui l’on doit aussi les albums respectifs de Fordamage et de Passe-Montagne. La fusion épique et enjouée de Sincab est virtuose sans être laborieuse, endurante mais sans démonstration. Moins heurtée que Don Caballero, elle cavale plutôt du côté de Honey for Petzi, de Tortoise pour la limpidité mélodique (et qui dit Tortoise dit forcément Steve Reich) ou dans les passages plus libres vers les divagations brumeuses de Storm & Stress. Le caractère « poésie écolière » des titres aurait pu dériver dangereusement vers le niaiseux mais au contraire, le trio s’en sort admirablement bien et dans ce registre « Sucre Ma Bête » est mon préféré, sans aucune contrepèterie. A l’heure où j’écris ces lignes, il ne me reste plus qu’une semaine à attendre pour voir Sincabeza sur scène, et en live ils sont fameux, on me l’a glissé à l’oreille plus d’une fois. Pour le coup, j’en mettrai presque ma tête à couper.
www.myspace.com/sincabeza
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #1 (Juin 2007)

Couv 1 NOISE #1Couv 1 NOISE #1

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Une Réponse to “SINCABEZA – Edit Sur Passage Avant Fin Ou Montée d’Instrument”

  1. loquier 14 juillet 2012 à 10:45 #

    Le nouveau projet de l’ancien batteur de SINCABEZA (séparé en 2010) s’appelle RougeGorgeRouge. Vous pouvez écouter une démo 4 titres ici : rougegorgerouge.bandcamp.com
    L’enregistrement du 1er album est prévu début août :D

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