JIM DEROGATIS – Lester Bangs : Megatonnique Rock Critic

4 Juin

Mégatonnique Rock Critic (Tristram 2007)
(Tristram, 2007)

Comment devenir Lester Bangs ou plutôt, comment devenir le meilleur rock critic de tous les temps ? Sois toi-même et défonce-toi avec tout ce que tu trouves, de l’alcool, de la méthédrine, des litres de sirop pour la toux… un inhalateur nasal ? Hé, facile ! D’ailleurs, c’est ce nous faisons tous à la rédaction de Versus dans le dos du patron (chut, ne lui dites pas, il pense qu’on a tous contracté un rhume chronique). Allons bon, on a beau s’évertuer et porter la moustache, on sait que c’est peine perdue. Aucun de nous n’accédera jamais à la consécration ultime du scribouillard rock, et je crois, pour ma part, que la seule réponse est celle que l’auteur Jim DeRogatis développe en filigrane tout au long de cette fabuleuse biographie et qui ne nous laisse pas la moindre chance: « être ou avoir été Lester Bangs ». Parce que sa plume était à ce point liée à sa vie, à sa géniale subjectivité, à ses rencontres pittoresques, à ses doutes, à ses certitudes absolues, à ses propres contradictions et à ses abus, Lester Bangs a inventé une littérature Rock à la mesure de sa propre démesure : libre, fulgurante, provocante, joyeuse et excessive. Depuis son enfance chaotique en Californie du Sud (sa mère est Témoin de Jéhovah et son père, alcoolique, finira dévoré par les flammes) à sa mort prématurée par overdose de tranquillisants le 14 avril 1982 alors qu’il écoutait « Dare » de The Human League, DeRogatis raconte la vie de ce héros de la contre-culture, presque aussi passionnante que son œuvre gonzo, l’une et l’autre étant de toute façon indissociables. Et quand sa prose impétueuse nourrie à Kerouac, Burroughs et Buk volait en éclat dans les pages de Creem, de Rolling Stone ou plus tard du Village Voice, c’était SA vision du Rock qu’il racontait, un Rock fougueux, que le Velvet et le MC5 incarnaient au même titre que Mingus, Coltrane, Beefheart ou Van Morrison. Lester Bangs les côtoyait tous : Lou Reed, avec qui il entretenait un rapport de fascination et de haine, Patti Smith, Iggy Pop, Richard Hell, Wayne Kramer et les autres. Il était leur égal et pourtant, son intégrité et sa liberté d’expression étaient totales : elles ne cédaient à rien ni personne. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir Psychotic Reactions ou Fêtes Sanglantes et Mauvais Goût à n’importe quelle page, soit les deux recueils d’anthologie des plus belles tartines de Lester : la régalade absolue en matière de littérature Rock.
Francoise Massacre
Publié dans: NOISE MAG #1 (Juin 2007)

Couv 1 NOISE #1

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