KHLYST – Chaos Is My Name

2 Mar

KHLYST - Chaos Is My Name (Hydra Head 2006)
(Hydra Head, 2006)
Downtown Abruptum

Or donc, le schisme de l’entité post-sludge Khanate s’apprête à être symboliquement et définitivement consommé avec la sortie imminente d’un album épilogue. James Plotkin, qui n’est pas à un naufrage près, n’a pas attendu que le bateau touche le fond pour mettre les voiles, surtout qu’une belle Valkyrie l’attendait sur le plancher des vaches. Elle, c’est la Norvégienne Runhild Gammelsæter, la dame blonde du death-grunt qui, en 1995, growlait à s’en faire péter la glotte sur le Dommedagsnat de Thorr’s Hammer. Elle était âgée d’à peine 17 ans, et déjà, son organe n’avait rien à envier à ceux de Gaahl ou de Chris Barnes.
Khlyst est un nom qui reflète plutôt bien le résultat musical des personnalités combinées de Plotkin et de Gammelsæter. Littéralement «fouet» ou «flagellant» en Russe, Khlyst était le nom d’une secte gnostique de la fin du XVIIème siècle issue de la tradition orthodoxe. Les Khlysty pratiquaient l’abstinence et l’auto flagellation, mais pouvaient, lors de certaines cérémonies, se livrer au contraire à des pratiques rituelles orgiaques et frénétiques. Leur doctrine : «vaincre le péché par le péché». Voilà de quoi lever le doute sur l’esthétique pour le moins sacerdotal du duo. Chez Khlyst, la légèreté n’est pas l’essentiel, loin s’en faut.
Entièrement improvisés en studio puis réarrangés par Plotkin, les huit épisodes de Chaos Is My Name s’emboîtent comme une sombre suite logique où chaque segment se rappelle aux précédents par des jeux de leitmotivs et de résurgences abstraites. Sans cesse tiraillé entre des états antagonistes qui se nouent et se dénouent sous une chape de plomb, l’album serpente entre les méandres de la colère exutoire et de la contemplation, du chaos rédempteur et des méditations ambient itératives qui rappellent le travail de Plotkin au sein Lotus Eater. Et toujours, en filigrane, un parfum tenace de déconstruction et de désintégration. Comment vous dire… Quand les rugissements de Runhild Gammelsæter (intense, gutturale, bestiale!) entrent en collision avec la trame instrumentale (guitares, batterie, gongs et textures en tout genre) aux airs de simili-free-jazz impromental, c’est un peu comme si Abruptum racontait Fluxus et le downtown New-Yorkais, ou comme si Derek Bailey, Keiji Haino et Elvin Jones tapaient le bœuf dans les grottes du Mordor.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #10 (Mars 2007)
couv VERSUS MAG #10

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2 Réponses to “KHLYST – Chaos Is My Name”

  1. moesgaard 23 janvier 2008 à 12:31 #

    Un disque brouillon et un peu fatigant pour moi.
    Plotkin a une facheuse tendance à maquiller tout à l’électronique (systématisme du delay sur la voix, son de guitare doublé à l’octave).
    Bref, je trouve que ça tourne en rond très vite.
    Le duo Plotkin/wyskida a un peu le même défaut, mais me semble quand même plus réussi.

  2. francoise massacre 23 janvier 2008 à 13:04 #

    Toujours le même problème avec les musiciens boulimiques qui se sentent obligés de sortir absolument tout ce qu’ils font. Il faut trier, il y a à boire et à manger. J’ai quand même trouvé le Khlyst largement moins anecdotique que beaucoup d’autres Plotkineries.

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