MADE OUT OF BABIES – Coward

9 Sep

MooB - Coward 2006
(Neurot Recording, 2006)
Noise

Coward s’ouvre sur un rugissement colérique. Les instruments déboulent, brutaux et résolus comme des taureaux dans l’arène Noise, façon Chicago des 90’s. Le ton est donné, ou plutôt, il est jeté à la face en guise d’avertissement à l’attention de tous ceux et toutes celles à qui Julie Christmas les avait déjà brisées menues avec Trophy, l’album précédent. Traduction: «passez votre chemin». Quant à vous, les autres, vous qui aviez supporté sans broncher la schizophrénie affectée de la mère Noël, vous qui aviez cédé par faiblesse à ses injonctions de gamine hystérique et capricieuse, vous que la tigresse-femme avait finis par dompter, vous qui vous étiez laissés attendrir et abuser par ses minauderies surjouées, rassurez-vous car Julie captive toujours autant qu’elle exaspère.
Réjouissez-vous aussi, car allez, disons-le, Coward n’est pas un deuxième album pour rien et les Made Out ont appris à être encore plus directs, plus épineux et surtout moins sussucre: on retrouve les guitares angulaires, les basses en métal hurlant à la Bob Weston (ça n’étonnera personne, Coward a été enregistré par Vous Savez Qui), les rythmiques hachées et massives, et toujours ce groove froid, qui bien qu’encore proche de celui d’Unsane cherche aujourd’hui à s’en émanciper. Oui, depuis Trophy, le son dense des New-Yorkais a pris de la bouteille et du tranchant, les compositions de l’assurance, de la complexité et du relief. Du relief, de vraies montagnes russes. Et quoi qu’on en dise, Julie Christmas y est pour beaucoup. Car elle a beau en faire des tonnes et avoir une grande gueule, c’est bien elle qui fait avancer la machine. Une fois dépassées les premières crispations, on entrevoit enfin toute la dimension dramatique contenue dans la voix changeante de la minuscule frontgirl, qui tour à tour feule, gémie, glapie, piaille, miaule, chuinte, hurle, pleurniche, couine, hennie, vocifère et trépigne ; et déverse sa bile, vomie ses tripes et crache son venin. Oui. Tout ça, et même plus : elle chante, elle raconte les noyades, les animaux écrasés, les ongles dans le cerveau, les rats des villes et les cochons ailés, et avec des mélodies tordues, elle réussit à embarquer les morceaux dans des endroits complètements inattendus. Alors même si on redoute l’overdose d’affects et de théâtralité, on ne peut pas se contenter de survoler ce disque. Il faut vraiment oser en pénétrer les méandres, les coins et les recoins pour en trouver la clef. Je pense qu’au fond, pc’est ça qu’ils ont voulu dire par «Coward».
www.madeoutofbabies.com
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #9 (Septembre 2006)
couv VERSUS MAG #9

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :