ACID MOTHERS TEMPLE & THE COSMIC INFERNO – Starless And Bible Black Sabbath

7 Jan

AMT - Starless & Bible black sabbath
(Alien 8 Recordings)
Heavy rock psychédélique

«J’ai commencé à sentir le besoin de trouver des forces nouvelles qui pourraient rivaliser avec ce dinosaure virtuellement éteint qu’est Acid Mothers Temple & The Melting Paradise U.F.O, un rival à sa mesure seul capable d’administrer à sa dépouille les derniers sacrements». Ainsi parla le gourou nippon Kawabata Makoto – un freak indécrottable nourrit à Stockhausen et Terry Riley, au Krautrock, à Jimmy Hendrix et à la musique occitane -, et ainsi naquit début 2005 la nouvelle incarnation du collectif spirituel psychédélique (auto-qualifié « soul collective ») le plus abondant de ces dix dernières années (avec s’il vous plaît Tabata Mitsuru – Zeni Geva et ex-Boredoms – à la basse) : Acid Mothers Temple & The Cosmic Inferno et déjà six albums dans les dents. Sur scène, AMT cloueraient le bec à n’importe quel détracteur avant de le rendre dingue mais sur disque ils sont capables du meilleur comme de l’anecdotique. Il y a à boire et à manger. C’est ce qui arrive forcément à tous les musiciens-archivistes qui chient des disques au kilomètre (Merzbow, suivez mon regard). Sauf que cette fois, Starless And Bible Black Sabbath est dans le haut du panier. Avec un titre pareil, ils n’avaient pas vraiment intérêt à faire dans la demi-mesure, ne serait-ce que par respect pour Robert Fripp. Et de toute façon, Starless And Bible Black Sabbath n’a pas grand chose à voir avec Robert Fripp ni même avec King Crimson si ce n’est dans la maîtrise du Fuzz. Le déploiement tentaculaire de 34 minutes dont l’album tire son nom a bien plus à voir avec le Sabbath, Gong, le Hinten de Guru Guru, la furie d’Are You Experienced? et de Electric Ladyland de Hendrix – à qui AMT avaient d’ailleurs rendu un hommage cuisant sur Electric Heavyland -, et même par endroits avec le stoner planant et hypnotique de Sleep si l’on fait abstraction des éructations de Moog cosmique, à en faire rougir toutes les machines de l’Enterprise. Suivant la marche du cosmos à la recherche de la transe, la trip music d’AMT est tellement libre qu’elle en foutrait presque les jetons. On n’a plus l’habitude. La vieille litanie couplet – refrain – couplet, les 3 minutes 30 du format single réglementaires n’existent pas dans leur monde, n’ont pas lieu d’être et n’existeront jamais. Et il suffit de les voir une fois en live pour savoir que c’est eux qui ont raison.
www.acidmothers.com
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #6 (Janvier 2006)

couv VERSUS MAG #6

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