ASVA – Futurists Against The Ocean

2 Oct

ASVA - Futurists Against The Ocean (Mimicry 2005)
(Mimicry, 2005)
Doom dissident

Asva est quasiment un supergroupe. Formé sur les cendres encore fumantes de Burning Witch, dont G. Stuart Dahlquist (basse) et B.R.A.D (batterie/voix) furent deux des membres éminents, le groupe compte également dans ses rangs les guitaristes Trey Spruance (Mr. Bungle, Secret Chiefs 3) et John Schuller (The Master Musicians Of Bukkake), la chanteuse Jessika Kenney (Gamelan Pacifica) et le concepteur en lutherie électronique Troy Swanson à l’orgue Hammond. Si l’on ajoute à cela la présence de Billy Anderson à l’enregistrement, ainsi que celle de Bootsykronos et SOMA à la conception graphique, on commence à avoir une idée plus précise de la somme de talents au service de ce premier véritable album en forme de quadryptique (quatre plages de plus de 10 minutes chacune). Futurists Against The Ocean. Et voilà un titre qui, une fois décortiqué, en dit long sur les velléités anticonformistes (à « contre-courant ») et avant-gardistes d’Asva : sortir le doom de ses schémas routiniers, l’affranchir de ses dogmes, utiliser les caractéristiques rampantes du genre comme un moyen et non-plus comme une fin en soi. Il faut bien avouer qu’à ce petit jeu-là, ils s’en tirent remarquablement bien. Si le recours à des tonalités majeures, claires et à une orchestration hors du canevas traditionnel « guitare/basse/batterie/voix (virile) » était trop souvent banni du cahier des charges du doom-establishment, Asva transgresse glorieusement les codes par le biais de savants alliages de timbres (piano, cloches tubulaires, orgues souverains) et d’harmonies éclatantes qui, par endroit, crèvent la surface, ouvrent des brèches dans l’épais magma de drones solennels, de feedbacks et d’infrabasses ronflantes, et font jaillir la lumière. La lumière… qui devient carrément éblouissante – voire diablement brûlante – dans la deuxième partie de l’album, au fur et à mesure que Jessika Kenney développe ses mélopées liturgiques et incantatoires, d’une limpidité et d’une précision comparables à celles des mystérieuses Voix Bulgares. A la différence près qu’il y a chez Kenney bien plus de folie, bien plus de perversions et bien moins d’orthodoxie que chez ces respectables dames de l‘Est.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #5 (Octobre 2005)

couv VERSUS MAG #5

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