DARKTHRONE – Transilvanian Hunger

1 Oct

DARKTHRONE Transilvanian Hunger (Peaceville 1994)
(Peaceville, 1994)

« Nous souhaiterions vous informer que Transilvanian Hunger est au-dessus de toute critique. Tout ceux qui ne l’apprécient pas ne peuvent être que des imbéciles ou des juifs« .
Et voilà comment Fenriz attisa la polémique en demandant à son label d’apposer cette déclaration pour le moins provocante sur la pochette de Transilvanian Hunger, en plus de la charmante mention très spéciale “Norsk Arisk Black Metal” – soit “Black Metal Norvégien Aryen” – qui apparaissait en gros au dos de l’album, mais que tout le monde avait religieusement pris soin d’ignorer jusque là. Mais lorsque la presse sortit soudain de sa torpeur déliquescente, et décida, indignée, de boycotter le susdit album, Fenriz, ce farceur, publia illico une lettre d’excuses tout à fait ridicule qui expliquait que dans son vocabulaire de norvégien païen, « juif » était un mot très usité pour signifier « mauvais », impliquant du coup la nation norvégienne tout entière (ouch !). Mais Passons. Ce célèbre épisode fait désormais partie de l’histoire noire du metal noir, la mention « True Norwegian Black Metal» ayant depuis remplacé la première. Il n’empêche que dans un sens, ne pas apprécier Transilvanian Hunger relève effectivement d’une forme d’imbécillité, et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce que cet album constitue sans doute la troisième pierre de l’édifice philosophale du black metal, les deux premières étant A Blaze In The Northern Sky et Under A Funeral Moon. En parachevant cette trilogie blasphématoire qui d’emblée imposa Darkthrone comme l’entité emblématique et indétrônable du genre à l’aube de son règne funeste, Transilvanian Hunger finissait de tracer les contours encore fuligineux du black metal en devenir. Et même si l’on peut opposer à cette proposition que Mayhem, Emperor, Immortal et bien d’autres avaient déjà livré de grands albums de black metal – ce qui, avouons-le, n’est pas complètement inexact – seul Darkthrone avait su donner autant d’impact et de cohérence au chaos sur la longueur (vous me suivez ?). Et puis rappelons qu’avant d’être imitée au point de devenir un standard du black metal deuxième génération, l’esthétique Darkthronienne du noyau dur Fenriz/Nocturno Culto relevait du jamais-entendu. Transilvanian Hunger en est le manifeste impénétrable : riffs d’une simplicité glaciale répétés tant et tant qu’on les dirait congelés, toile de fond continue de blast beat chaotique, le tout enveloppé dans la thématique post-romantique ténébreuse préférée des black metalleux (paysages désolés sous la neige éclairés par la pleine lune) portée par l’effroyable grrrrowling guttural de Nocturno Culto, sur des textes écris par Varg Vikernes (Burzum) du fin fond sa prison norvégienne. Un disque qui – citons un grand de ce monde – « trve le kvlt ».
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #5 (Octobre 2005)

couv VERSUS MAG #5

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