MELVINS – The Mangled Demos From 1983

4 Avr

MELVINS - The Mangled Demos from 1983 (IPECAC 2005)
(Ipecac 2005)
Punk rock

Le die-hard fan des Melvins se la jouera probablement la blasé si vous osez seulement évoquer la sortie officielle des Mangled Demos sur Ipecac, puisque ce document d’archive dans sa version bootleg traînait déjà sur le web depuis l’avènement du grand méchant p2p.
Mais pour les autres, la réédition de cet enregistrement primitif des Melvins de l’ère pré-Crover constituera sans doute une bonne surprise, même s’il tient plus de la curiosité historique que du trésor caché enfin déterré. On savait déjà que les Melvins était l’un derniers groupe de vrais punks sous et tous-terrains encore en activité mais ce qu’on savait moins, c’est qu’avant de ralentir tous les tempos de moitié, les Melvins s’étaient fait la main en pratiquant un speed-punk old-school sauvage nourri à Discharge, Black Flag, Bad Brains, et autres groupes de la vieille et moyenne garde.
Finalement, le seul point commun entre ces Melvins-là, à l’orée des 80’s, et le line-up suprême à venir (King Buzzo/Dale Crover et une morgue de bassistes incommensurable), c’est que le King était déjà là, escorté par Matt Lutkin à la basse (futur Mudhoney) et Mike Dillard (illustre inconnu), aux fûts. Les notes de pochette rédigées par Buzzo dépeignent relativement bien l’ambiance un peu white trash dans laquelle ces démos furent conçues et enregistrées : 3 high-school kids errant dans les rues de Gray’s Harbor, bled redneck de l’état de Washington, découvrant les joies de la petite délinquance juvénile, des bitures, des joints et du punk rock, quand les autres teenagers écoutent Supertramp et reprennent « Cocaine » à la fête de l’école, décident d’enregistrer une dizaine de titres furieux dans un studio tenu par deux hippies en sabots, titres dont ils ne feront jamais rien excepté « Set Me Straight » qu’on retrouvera remanié une décennie plus tard sur Houdini. Et puis les Mangled d’Ipecac offrent aussi quelques archives sonores impayables : Présentation imbécile de l’un des premiers passages du groupe sur une radio locale et vannes potaches adolescentes prises sur le vif d’une répétition. Et dire qu’il aura fallu 22 ans, 20 albums et un Jello Biafra pour que les Melvins se décident à remettre le couvert punk pur-jus.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #3 (Avril 2005)

couv VERSUS MAG #3

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