MESHUGGAH – Catch 33

4 Avr

MESHUGGAH - Catch 33 (Nuclear Blast 2005)
(Nuclear Blast)
Math metal

Depuis sa formation en 1987, chaque nouvelle sortie du groupe-concept Meshuggah semble être définitive et rivalise de complexité, de technicité et de brutalité avec la précédente. Copiés, mais jamais égalés et encore moins surpassés, les Suédois détraqués sont passés maîtres absolus dans l’art de l’extrémisme musical, à tel point qu’on est à chaque fois en droit de se demander jusqu’où ils oseront défier les lois du chaos sonique organisé.
Cette fois, Catch 33, fait presque figure d’exception dans la surenchère. Il faut dire que leur dernier et jubilatoire EP I, en forme de tacle magistral de 20 minutes, ne laissait que peu de place à plus de radicalisme et d’intensité. Pas meilleur donc, mais tout aussi percutant et de haute volée, ce cinquième album studio ressemble plutôt à une tentative réussie de synthèse du style «Meshuggah dernière période», en gestation dans les opus Chaosphere et Nothing: une expérience violente, hypnotique, toujours à la frontière entre thrash psycho-rigide, math métal mental et techno-futuriste, influences progressives et fusion. Cependant, depuis quelques années, et pour notre plus grand soulagement, Thordendal semble avoir troqué ses solos de guitare (8 cordes) douteux empruntés au jazz-rock technicos de type Uzebien contre des gimmicks bien plus sombres et bien plus tordus, parfois proches d’un rire cynique et malade («Entrapment»).
Catch 33 est un album également plus dynamique et sans doute moins monomaniaque que ses prédécesseurs : au milieu de ce concentré de précision et d’agressivité («Deshumanisation» est sans doute l’une des pièces les plus extrêmes jamais vomies par Meshuggah), de ces homorythmies complexes, des changements de mesures incessants, des mélodies alambiquées, des power chords acérés, resserrés et répétés ad nauseam («Autonomy Lost», «Imprint Of The Un-saved», «Disenchantment»), et alors qu’on se croyait définitivement bons pour la camisole, des plages plus calmes voire carrément ambient («In Death – Is Death», «Sum») peuvent éventuellement servir à reprendre une bouffée d’oxygène frelaté avant de replonger.
Mais le plus beau dans tout ça reste indubitablement la pépite inespérée «Mind’s Mirror», avec cette voix aussi hideuse que poilante passée à la moulinette d’un vocodeur disco-80’s sur fond de déflagrations subsoniques. Daft Puk n’aurait même pas osé. Mais savoir flirter aux frontières du mauvais goût et de la classe est un art risqué, que Meshuggah maîtrise néanmoins parfaitement. Et c’est aussi et surtout pour ça que c’est si bon.
Francoise Massacre
Publié dans: VERSUS MAG #3 (Avril 2005)

couv VERSUS MAG #3

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Une Réponse to “MESHUGGAH – Catch 33”

  1. tanxxx 31 octobre 2007 à 0:17 #

    wopopo comment j’ai pu passer à coté de ça ?!!

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